J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

442 HISTOIRE SOCIALISTE nolre ruplure avec le militarisme, celle sanglanle négation de lous les droits de l'homme. « Le premier Bonaparte a immolé des millions d'enfants du peuple à une soif insatial>le de domination; il a égorgé la Hépublique après avoir juré de la défendre. Fi!s de la Hévolulion, il s'esl eQlouré des privilèges el des pqmpes grotesques de la royaulé; il a poursuivi de sa vengeance lous ceux qui voolaienl penser èncore ou qui aspiraienl à êtres libres; il a voulu river un collier de servitude au cou des peuples afin de lrôner seul, dans sa vanilé, au milieu de la bassesse universelle. Voilà son o::uvrependanl quinze ans. « Ella a débuté le 18 brumaire par le parjure, s'est soutenue par le carnage, a élé couronnée par deux invasions; il n'en esl resté que des ruines, un long abaissement moral, l'amoindrissement de la France, le legs du second Empire commençant au Deux Décembre pour aboulir à la honte de Sedan. « La Commune de Paris avait pour devoir d'abattre ce symbole du despo• lisme : elle l'a rempli. Elle prouve ainsi qu'elle place le droit au-dessus de la force, el qu'elle préfère la justice au meurtre, môme quand il est triomphant. • Que le monde en soil bien convaincu : les colonnes qu'elle pourra ériger ne célèbreront jamais quelque brigand de l'histoire, mais elle perpélueronl le souvenir de quelque conquête glorieuse dans le champ de la science, du travail el de la liberté ... « La place Vendôme s'appelle dès à présent; place Internalionale (1). " Le dernier trait est particulièrement ,caractéristique. On cherche quelquefois le socialisme de la Commune; 'on passe au crible pour le trouver ses pro• clamations el ses décrels; mais il nous semble qu'en voilà; à moins qu'on n'y veuille voir cependanl, exposé qu'il est sous sa face anlimilitarisle, el pour cause, une déviation avant la lellre. En toul cas, ni Versailles, ni Berlin ne s'y trompèrent el ils le prouvèrent. A la séance du 11mai, à l'Assemblée nationale, Thiers, sommé par les chevau-légers du légitimisme de s'expliquer sur les relations qu'il E!nlrelenail avec les conciliateurs des municipalilés républicaines - el l'on sait, hélas! ce qu'en valait l'aune - s'était écrié : « Je dis qu'il y a parmi vou$ des imprudents qui sont lrop pressés. li leur faut huit jours encore. Dans huit jours, il n'y aura plus de danger el la lâche sera proportionnée à leur capacité el à leur courage ». Après celle apostrophe cinglante qui en disait long, tant eur les exécrables projets du chef de l'Exéculif que sur l'imbécilité congénitale de ses adversaires de droil,e, la Chambre, par 490 voix sur 499 avait renouvelé sa confiance à celui qui la dominait par son incontestable supériorité raite de ( 1) Le décret de démolition, en date du 12 a,-ril, disoit d'une façon pcut--étre prus nette encore qu'il coin·e-nait <JUC la colonne fut abattue • comw~ n'étant qu'un monument de barbarie, Wl IJIDbole de force brute et de fausse gloire, une nftirmation du inilit.aritimc, une n(tgaLion_d11droit int,pr,. national, une in.-,ultr permanente des vainqueurs 1,u.xvaincus, un attentat ptrpétu<"I à un dH trois grands prineipes de la H.épubliqucfranç&ise: la 1-'ratcrn.ité ».

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