J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 411 ainsi l'aulorité de la Ligue il celle de l'Asseml>léc nationale. Le devoir du gouYernement est d'user des po11\'oirs que lui conrère la loi. On peul ètre a~suré qu'il n'y faillira pas. Il lrahirail l'Assemblée, la Frnncc cl la civilisation s'il laissait se constituer à côté du pouvoir régulier, issu du sulTragc universel les assises du Communisme et de la ré]?cllion. ,, Celte offensive brutale faisait reculer encore un coup les conciliateurs. Le Congrès des municipalités n'eut pas lieu; il so changea en une Asscml,léo de citoyens notables qui se tint à Lyon lo 15 mai cl où assistaient les délégués de seize départements du Sud, du Sud-Est cl du Centre. Héunion sans autorité puisque les délégués n'y représentaient plus guère qu'cux-mèmes et que les républicains de l'Assemblée nationale, les propres élus de Paris en tète, qu'ils avaient adjuré vainement de les joindre, les désavouaient hautement. Ainsi Versailles conservait les mains libres de par l'abdication de la gauche parlementaire surlout et Thiers avait Ioule licence pour consommer son œuvre de répression et do carnage. Quaol à Paris, il ne lui restait plus qu'à so préparer à la mort. 1\'on toutefois sans avoir accompli encore un dr ces actes qui révèlent le sens prorond de la Révolution du 18 Mars et demeurent comme autant d'étapes glorieuses de la route suivie par le prolétariat parisien, avant-garde du prolétariat international en ces jours qui anticipaient sur l'a\'cnir. Le 16 mai, la Commune jetait bas, aux applaudissements d'une foule immense, l'homme de bronze de la Place Vendôme, le Napoléon d'Austerlitz el d'léna, de \Vagram el d'Eylau qui, pendant quinze ans, avait passé, en les broyant, sur le ventre des nations. La colonne orgueilleuse tombait el se brisait en morceaux sous les yeux d'une pari de l'armée française commandée par les généraux bonapartistes qui assiégeait Paris, d'autre part des armées prussiennes qui, deux mois auparavant, avaient investi el pris ce mllme Paris. On a bassement accusé la Commune à ce propos d'avoir cédé volontairement ou involontairement à des suggestions bismarckiennes <li allemandes. Cette vilenie ne mérite mèmo pas d'èlre relevée. En réalité la Commune, interprète de la conscience universelle, ne distinguait pas entre vainqueurs de l'avant-veille el vainqueurs de la veille, entre conquérants nationaux et asservisseurs étrangers; elles les conrondait les uns el les autres dans la mème réprobation et la rullme exécration, couchant la gloire de Guillaume avec celle de Bonaparte, comme toute gloire militaire, sur le mème lit de fumier. Si l'on doute de ses sentiments, il surfira de relire la page que le Journal officiel consacrait le lendemain à cette grandiose el symbolique manifestation el que voici : • Le décret de la Commune de Paris qui ordonnait la démolition de la colonne Vendôme a été exécuté hier, aux acclamations d'une foule compacte, uaislaot, sérieuse et rénéchie, à la chute d'un monument odieux élevé à la rauase gloirlÎ d'un monstre d'ambition. « !,a date du 26 noréal sera glorieuse dans l'hisloiro, car elle consacre

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