HISTOIRE SOCIALISTE 443 lucidité cl de scéléralesse. Depuis trois ou quatre jours noire homme avait égalemenl les coudées franches du cMé de l'extérieur, la paix venant d'être signée définitive à Francforl, qui octroyait au vainqueur deux provinces el cinq milliards. Parlant, il n'avait plus à crnindre d'Nrc troublé dans son grand œuvre par les manèges diplomatiques de 13ismarck, qui, le 7 mai encore, le sommail par ultimalum de faire rélrogradcr l'armée de Ycrsailles jusque derrière la Loire, pour laisser agir les troupes prussiennes contre Paris. Le président des ruraux n'avail donc jamais été si fort, si libre, si maitre de jongler à sa guise avec ·1es événements cl les hommes. li était st1r, à cette heure, de son fail. lluil jours encore, cl dans huit jours Paris serait à lui; il terrasserait la Révolution pantelante, briserait pour des années la poussée prolétaire el socialiste. Comment entrerail-il? Par la ruse ou par la force? Peu lui importait, el il mit en usage durant celle dernit're huit1ine tous les procédés cl tous les moyens. [] avail des intelligences dans la place, nombreuses cl coOleuses, sinon solides: d'anciens porle-sabrcs de l'armée régulière ou des boutiquiers désireux de se donner de l'importance: Domalain, Charpentier, Durochoux, TJemay, Gallimard qui avaient &ollicilé cl re~u mandai de grouper dans les divers arrondissements les gens d'ordre pour seconder de l'inlérieur, au momenl décisif, l'assaut versaillais; aussi des fonctionnaires civils ou mililaires de la Commune, tels que ce Barral de Monlaul, commandant de la i• légion, qui joua, grâce à la con~ivence de l'a\'euglc Crbain, un rôle tr~s pernicieux. li avait encore des policiers cl des espions à la douzaine qui s'introduisaient plus ou moins habilement dans les divers services pour les désorganiser ou qui, comme Aronshon ou le \'ayssel, donl nous avons parlé, travaillaient à acheter les chefs de la garde nationale au dernier carrai. )lt'me, il ne dédaignait pas de prendre langue, par l'intermédiaire de Scapins de la haute avec ces aliénés ou ces condottieri •1ui avaient nom Lullier, Du Bisson, Ganier d'Abin, etc. Mais surtoul, il cherchail à soudoyer ceux-là des chefs des fédérés qui commandaient aux; rem paris, face à cc bois de 13oulogne, à deux pas des cheminements souterrains de ses troupes. li avait essayé el échoué avec Dombrowski. Il semble avoir élé plus heureux avec les subordonnés de celui-ci. li y avail à la Porte-Dauphine un certain Laporte, colonel de son grade, qui tenta certainement, par deux ou trois fois, de livrer la porte dont il avail la garde. La première lcnlali\'e avait eu lieu dans la nuit du 2 au 3 mai. Plusieurs divisions massées vers le bois étaicnl prêles à s'ébranler, el Thiers, en personne, surveillait de Sèvres; mais les signaux convenus ne vinrent pas. l"ne deuxième tentative se produisil dans la nuit du 12 au 13. Tout un matériel d'escalade avait été rassemblé; mais le coup rala encore, car si Laporle était un trallre, c'était aussi un imbécile. Une troisième fois, il récidivera pour le mème prix. La 0 manière forte était donc encore la meilleure. C'est ce dont le générn- 'liHime Thiers étàit du reste au fond convaincu. Aussi, accroissail-il sans cesse
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