HISTOIRE SOCIALISTE La minorité, il est vrai, ne persista pas dans son attitude (1). Dès le lendemain elle comprit sa faute et elle revint; mais le coup était porté. En dépit de Delescluze qui toujours prêcha la pacification, l'entente, de Gambon qui répugnait non moins aux manœuvres fratricides, de Vaillant qui n'admettait pas qu'on repoussllt des collègues, au moment où ils désavouaient eux-mêmes le..irs intentions,« comme si on voulait les engager à persévérer dans leur faute», la majorité ne pardonna pas. Un ordre du jour de conciliation présenté à la séance du lï où soixante-six membres de la Commune, toute la majorité cl toute la minorité, Haienl présents, est repoussé cl c'est en frères ennemis que Jacobins et Fédéralistes s'en furent à la bataille dernière, aux barricades, à la morl. C'est bien fini, en effet, à la date où nous sommes. Le salut ne viendra pas de l'intérieur, de Paris oü la Commune se déchire de ses propres mains, où le Comité central essaie encore et essaiera jusqu'à son dernier souffle d'assouvir son ambition de direction déçue, où les généraux livrés à eux-mêmes, sans plan d'ensemble qui relie el solidarise l~ur action, se ballent comme ils peu vent avec les hommes de bonne volonté qu'ils rencontrent à leur portée, où la bourgeoisie grande, moyenne el petite a définitivement làché pied, laissant le prolétariat déjà saigné à blanc seul en face de Versailles pour l'ultime règlement de comptes. Le salut ne viendra pas davantage de l'extérieur, de la France. Un instant pourtant on aurait pu l'espérer. Les élections municipales du 30 avril avaient affirmé, en effet, solennellement rattachement du pays au régime issu de la Révolution du 4 septembre. Dans les grandes villes, daus les centres industriels el commerçants, au Nord comme au Midi, des listes nellemenl démocraliques, républicaines, sans restriction, l'avaient emporté. Si bien qu'à peine élues les nouvelles municipalités avaient résolu de s'aboucher ensemble el de convoquer un vaste Congrès qui aurail eu mandat de s'interposer entre l'Assemblée nalionale el la Commune pour une paix basée sur la reconnaissance de la République el l'ockoi de larges franchises communales. Ce Congrès devait se tenir à Bordeaux au coùrs de la première quinzaine de Mai. A l'annonce de ces desseins, l'Assemblée nationale etThiersavaienlsursauté et Picard, ministre de l'Jnlérieur, avait immédiatement formulé par la voie de l'Of(icie/ l'interdiction la pl_usnette el la plus comminatoire, « Les déclarations el le programme publiés par le Comité départemental, disait la note du ministre, établissent que le but de l'Association esl de décider entre l'insurrection, d'une part, Je gouvernement de l'autre, el de substituer (1) Elleauît t:té :t\'Crli<d'iscrètementmais fermementp.arses a.mis du premier dtgré. C'en ainsi que le Con-..&iflédlral de l'lnteroationale, tout en appréciant la loyauté de r.tux de ses membra qui fai,1.ucnl partie de la minorité « les invita' à mail\tenir l'unité de la Commune. JI
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