434 HISTOIRE SOCIALISTE apparemment par un de leurs officiers, qui avait communiqué le mol d'ordre à l'ennemi, ils n'ourenl pas m~me le Lemps do sauter sur leurs fusils pour se d~fendrc. Ilien peu échappèrenl à la mort ou il la captivité, el leurs canons avec leurs éleudards lombirenl en la possession du vainqueur. Les forts d'lssy el de Vanves, malgré les prodiges d'activité et de bravoure des chefs qui maintenant y commandaienl: Brunel, \\'etzel, Lisbonne, Julien el l'ingénieur Rist à Issy, Durassier à Vanves résislaienl à grand peine. La position n'était plus défendable. Sous l'avalanche des obus et des bombes qui pleuvaient incessammenl, les murs s'écroulaient cl s'abîmaient dans les fossés; on aurait pu monter à la brèche en voilure. Les canonniers corumuneux pointaient el liraient à découvert s'offrant cible immanquable aux coups des tirailleurs ennemis. Les cadavres entassés dans les sous-sols, dans les corridors montaient jusqu'à deux mètres de hauteur. L'issue fatale était certaine. Le 4, Durassier, à Vanves, avait pu repousser une furieuse allaque; ruais dans la nuil du 5 au 6 il voyait ses communications définitivement coupées avec Issy. Le 8 enfin, sous la pression des formidables batteries de Monlreloul qui étaient venues joindre leurs feux à ceux de plus de deux cents pièces tonnant déjà des hauteurs de Sèvres, de llellcvue cl de Meudon, le forl d'lssy succombail. Un seul obus Lirédu Moulin de Pierre avait Lué seize hommes d'un coup. Les officiers réunis reconnaissaient Loule résistance impossible el la retraite s'effectuait au milieu des balles sous la direction de Lisbonne. Le soir même oü Issy tombait, Rossel avait eu avec les représentants du Comité central de la garde nationale une entrevue orageuse. Général de la défaite, n'ayant que des désastres à enregistrer depuis sa prise de pouvoir, poursuivi à la Commune par la fielleuse rancune de Pyal qu'il avait convaincu de mensonge, suspect à beaucoup, il se sentait au bout de son rouleau. Décidé à rompre ouvertement avec le Comité central - puisqu'il Nail allé, avec l'intention d'en exécuter les délégués quand ils se présenleraicnl, jusqu'à réunir, dans la cour du Ministère, un peloton, fusils chargés, - il s'était soudain ravisé el l'explication commencée en lempêle s'était achevée en bonasse. Voulez-vous el pouvez-vous, avail dit Ro55el, en manière de conclusion m'amener demain place de la Concorde douze mille hommes en armes; et les délégués du Comité central s'étaient retirés, après avoir promis. Qu'entendait Rossel faire de celle force"! Il avait parlé sans doute d'une sortie à tenter sur \'ersaillcs, par Clamart. Mai8 n'était-ce pas là prétexte el n'avait-il pas un autre bul. celui que certains lui onl allribué de marcher à la tête de ces douze mille baîonnelles rassemblées sur !'Hôtel de \-ille, d'en chasser la Commune cl d'imposer à Paris, soit pour continuer la lulle, soit pour essayer de traiter avec Versailles, une diclalure mihtaire, sa dictature. Le I problème n'est pus encore élucidé à celle heure. Le sera-t-il'/ Quoi qu'il en soil, le lendemain, a midi, Rossel était place de la Concorde. A cheval, il passe sur le front des troupes, crie aux chefs • Mon compte n'y est
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==