HISTOIRE SOCIALISTE 433 Paris». En donnant de la sorte du « cher cl <lévoué camarade » à l'un des exécuteurs des basses œuvres l'ersaillaiscs, le noul'cau délégué montrait bien qu'il n'entendait rien à celle guerre dont il venait d'assumer la direction, el qu'il élail complètement étranger aux passions comme à l'idéal de ce peuple de Paris qu'il avait mission de conduire. Voit-on !~mileDuval, Eudes ou mème Cluserel écrivant de èelle encre? La pensée unique, la pensée maitresse de Hosscl fut, rn effet, de faire de ,'armée communeuse, irne armée de lous points semblable à l'autre, à l'armée de métier qu'il al'ail connwc, donl il avait été, dont il était encore par toutes ses attaches el par sa mentalité. A l'organisa lion municipale de la garde nationale par bataillons el légions élisant directement ses chefs, il voulut substituer une organisation par régiments dont il au rail personnellement nommé les colonels. Dans cc dessein, il demandait, le l" mai, à ses généraux de choisir chacun parmi leurs troupes cinq bataillons vigoureux d'un effectif de trois ou quatre cents hommes qu'il se proposait de doler aussitôt d'un canon ou d'une mitrailleuse, en échange de leurs drapeaux ou fanions de quartier. Ces bataillons devaient lllre amalgamés ensuite en r<'gimenls de deux mille bommes chaque, soit huil régiments qui auraient formé ensemble un tlClil corps d'armée mobile de seize mille hommes. Avec celle armée, Hossel comptait, dans un délai lrès bref, livrer bataille sous Paris. Comme il élail fatal, le délégué à la Guen·e se heurta dans sa tentalil'e il la résistance instinctive de la garde nationale elle-même, qui sentait uien que la conception nouvelle niait radicalement l'esprit qui avail présidé à sa fondation el fait d'elle une milice, non pas une armée. li se hcurla il la rçsislance consciente el voulue du Comité central de la garde nationale, toujours en lullc pour reconquérir son influence passée, el qui n'entendait pas plus abdiquer entre ses mains qu'entre celles de Cluserct. li se heurta aussi à l'opposition du Comité de Salut :public, lequel appréhendait une dictature militaire cl soupçonnait véhémentement le jeune colonel de rèver à son profil quelque conlrefaçon du 18 Brumaire. On savait qu'à cc coup d'audace plusicur·s agités le poussaient, el il parait bien qu'il ne lui cul pas Mplu personnellement de jouer les Bonaparte. Mals il élail d\\me trop irTésolue, malgré son masque el ses alliludes, pour pousser ferme dans une ,·oie si aventureuse. Les événements, du resle, le desservirent, cl il n'en pouvait Nrc aulremenl. Sous les remparts, les échecs succédaieul aux échecs. Pressés sur loul le front, les fédérés reculaient parloul, partout perdaient du terrain. Dans la nuil du Jer au 2 mai, les Versaillais avaient enlevé à l'arme blanche la gare de Clamart el, après un s.anglant combat, occupé également le chùleau d'lssy. Deux cent cinquante gardes nationaux élaienl restés sur le carreau; qualre cenls avaient été faits prisonniers. Le :J, dans la soirl•c, le 55<cl le 120• bataillons étaient surpris au Moulin-Saqucl, en avant de Villejuif, par une colonne de la division Lacrel.elle.Ce fut une boucherie. Les fédérés dormaient sous la lente. Livrés
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