J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 431 leur, belle tête vénérable cl barbue, mais de peu de cervellr, s'était borné à dire : « li faut un Comité qui donne une impulsion nouvelle à la défense cl nit le courage, s'il le faut de faire tomber les lêlcs des lrallrcs. » Celle évocalion de la Terreur pouvait réjouir agréablement ceux qui avec Miot se nourrissaient de la viande creuse des mols et des formules, mais elle ne rimait à rien el ne donna même pas le pelil frisson aux bourgeois réacteurs de Paris qui n'y virent qu'un prélexlc de plus pour crier à la tyrannie el aiguiller davantage vers Versailles. La Terreur ne va pas en e!Telsans terroristes. Or, après comme avant le l" ~lai, les terroristes firent défaut. Les cinq membres, particulièrement du nouveau Comité dictatorial n'étaient guère faits pour tenir l'emploi. Un seur,, pcul-êlrc, Antoine Arnaud, avait du tempérament, el un second, de l'élan, Ranvier; les trois autres étaient Léo ~lelliel, Charles Gérardin ~t Félix Pyal. Ce dernier cul suffi à tout perturber el tout compromellre si ses collègues avaient eu quelque velléité d'action. Tous, au surplus, n·avaienl obtenu qu'un nombre restreint de suffrages, ce qui prouve bien que la confiance el l'enthousiasme ne surabondaient pas. La grosse moitié des membres de la Commune se ré~erva puisqu'on ne trouve au scrutin que 3i volants qui donnent 33 voix à Arnaud, 27 à Meillcl cl à Ranvier, 24 à Félix Pyat el 21 à Ch. Gérardin. 23 des non volants qui allaient former le noyau de la fraction connue sous le nom de minorité de la Commu,;c: Arthur Arnould, Andrieu, Lefrançais, Longuet, Oslyn, Jourde, ~Jalon, Scrrailler, 13eslay, Habick, Clémence, Courbet, E. Gérardin, Langevin, Rasloul, Vallès, Varlin, Avrial, V. Clément, Vermorel, Thcisz, ,Tridon, Pindy, avaient motivé leur abstention en termes quasi-insultants. De toutes fa~orv, el pour toutes ces raison~, le Comité de Salut Public élail donc discrédité dès sa naissance, frappé d'impuissance el voué à un lamentable fiasco. li ne fera pas tomber de tètes; il ne prendra pas de mesures révolutionnaires; bien mieux, il n'en prendra d'aucune sorte. li n'essaiera même pas de baner pour fuir l'écueil, gagner des mers plus calmes, mais écrasé dès l'abord par des responsabilités trop grandes, appelé à une lùche très au-dessus du courage cl de la capacité de ses membres, il laissera le navire flollcr plus que jamais à la dérive, jouet des éléments el prnie de l'aveugle destin. En mème temps que les « terroristes » fantômes, évoqués par MiotMéphislo faisaient mine de prendre en mains la direction générale des affaires de la Révolution, un homme nouveau s'installait au Ministère de la Guerre, Rossel. L'arrestation de Cluserel el sa dcslilulion arnienl été le dernier acte de la Commission exécuti,·e. Que n'y avait-elle procédé plus tôt? Ilien des fautes, bien des erreurs eussent été, semble-t-il, évitées. Pour le remplacer, la Commission avait songé de suite à l'officier qui avait rempli auprès du destitué lea fonctions de chef d'éwt-major el que son altitude froide el puritaine signalait diacrèlemenl à l'allention. Rossel était connu de plusieurs des élus de '

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