HISTOIRE SOCIALISTE 42i Clamart. Dans la nuil du 2!l, lrois colonnes d'alla<JuC se jclaicnl sur le cimclic'•re, l'occupaient cl s'cmpa~aicnl également du parr. Dans celle rencontre, nombre de fédérés étaient lués ou blessés, cl cent d'entre eux rcslaienl prisonniers entre les mains du vainqueur a,·cc huit pii·c,•s d'artillerie. A la m<'mc heure, quatre-vingt fédérés étaient faits prisonniers à quelques portées de fusil de là, à Ja·ferme Bonamy, pri's le fort de Vanves . . .\u malin, quand les défenseurs dn fort virent tout autour d'eux les tranchée~ occupées par l'ennemi, lïnquiélude les prit. Les obus versaillais ne cessaient de tomber, rfTondrant les casemates, démontant les pièces el couvrant la plateforme de morts cl de blessés. ~légy linl conseil, cl malgré les ordres contraires qui lui parvenaient de Clusercl, décida l'évactrnlion. Les canons furent encloués cl les trois cents hommes de la garnison prirent la roule de Paris. Seul, resta un adolescent de Hi à l ï ans, Dufour, qui obstinément se rcf usa /J Ioule rclraile et se rendit à la poudrière, déclarant qu'il la ferait sauter sous les pas de l'ennemi, si celui-ci approchai!. C'esl cc jeune brave qui avait rnison. Soit quïls craignissent en cflet unr frinle, soit qu'ils redoul~ssenl l'explosion, les Versaillais ne se montrèrent pas, cl quand quelques heures plus lard Cluscrcl se présenta à la tête de bataillons du XI' arrondissement po4r réoccuper le fort, il le trouva en la possession de l'héroïque garçon qui reprit modcsleme11l sa place dans les rangs de la nouYelle garnison. Le fort d'lssy ne devait tomber entre les mains versaillaises que la semaine suivante; mais l'émotion provoquée dans la capitale par l'évacuation, cl qui y avait été extrême, ne se calma pas. Cet incident rhélait à tous l'incurie de la Commune, mellail à nu l'incapacil6 des chefs militaires, montrait l'abime oü courait Pal'is el où il allait s'engloutir avec la Hévolulion. tn sursaut général se produisit dont Clusercl ful la prrmièrn victime. Accusé de trahison, il fut arrNé à l'llolcl de \ïllc au moment où il revcnuil d'lssy, réoccupé du reste par ses soins, et conduit à Mozas. La Commission exécutive cllc-mème devait Nre la seconde victime. Quand le balrau, démùlé et désemparé sur les flots en fureur, courl droit à l'écueil do~l l'Upre profil se découpe à l'hori1.0n, tous les yeux se tournent instinctivement vers le capitaine; les volontés individuelles abdiquent entre les mains de celui qui commande la manœuvre; la nécessité d'une direction unique el omnipoleule apparait el s'impose. La Commune en était venue à celle minute tragique. Les élus de l'llùlel de Ville avaient pu, au début de leur règne, donner dans les billevesérs fédéralistes, se grise,• d'aulonomisme et mcllrc en proclamations le proudhonismo ou rabais de Pierre Denis, les événements plus forts que les mirages el que les systèmes les amenaient, en celle lin d'avril, à faire un retour sur cux-m~mos el à s'inl'1rroger anxieusement sur les raisons des désastres ininterrompus qui jalonnoicnl Jour roule el les rapprochaient chaque jour do la celaslrophe finale dont l'imminence so percevait ci<'s
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