42G HISTOIRE SOCI.\LJS'rE: rion. La batterie llollantc, descendant jusqu'à llillancourl, eul m,'me un jour l'audace do s'y établir pour canonner ~Ieudon. Au nord-ouest, le feu n'était pas moins vif. Asnières se trouvait en bulle aux pi'ojecliles d'une batterie établie imprimerie Paul Dupont.et à ceux d'une locomoliTe blindée sans cesse en moul'emenl sur la voie. Bécon était canonné par Levallois cl la Gare SainlOuen, Courbevoie par le front de l'enceinte 50-53. Les insurgés procédaient de nouveau à l'armement de Montmartre pour couvl'ir de feu la presqu'ile de Gennevilliers. « ~Ialgré cet acharnement el lanl de dispositions comminatoires, nos artilleurs éleig-naient Issy el le g-énie poussait aclivcmenl ses cheminements vers le forl. .. Uans la nuit du 'l6 au 27, nos tranchées élanl assez avancées pour ne plus permettre à l'ennemi de retours offensifs, on résolut de brusquPr une allaque sur les Moulineaux. » Le plan d'ensemble conçu par Thiers qui présidait chaque malin le Conseil de guerre, ainsi qu'il s'en enorgueillit dans sa déposition "l qui jouait en somme le rôle de généralissime, était d'ouv1·ir de suite la tranchée en s'avançant par les procédés ordinaires jusqu'au bord du fossé, mais en même Lemps de réunir une masse de feu extraordinaire, à l'imitation des Prussiens, contre l'angle sud-ouest des forlificalions, poinl le plus vulnérable de l'enceinte. Thiers était persuadé en effet que, sous la protection de ces feux, le travail des tranchées serait plus rapide-el que peul-Nre en rendant le rempart inhabitable pour ses défenseurs on ferait évacuer les ouvrages Ainsi, en loul cas, on contraindrait lout d'abord au silence les bastions du Poi)ll-du-Jour qui croisaient leurs feux d'une fa~on gônanle avec ceux du fort d1ssy, on nelloierail la plaine de Billancourt; puis on écraserait le fort d'Issy lui-même ainsi que les forts de \'anves el de Montrouge el enfin on forcerait le rempart dans ces mêmes directions par plusieurs brèches à la fois. Au 25 avril, ainsi qu'on vient de le voir, ce plan avait déjà reçu un large commencement d'exécution. A partir de celle date, les opérations se poursuivirent avec une recrudescence d'activité cl d'ofl~l. Le 2ü, au soir, la brigade du général Faron, enlevait les carrières situées en avanl du cimetière d'!ssy cl poussait jusqu'au village des Moulineaux. Dans la nuil, le général Faron renouvelait son allaque el emportait le village. Une lran~hée était immédiatement ouverte sur le par·c d'Issy. Le 27 el le 28 l'artillerie, des hauteurs de )leudon el de Sènes. redoublait ses coups contre le fort d'lssy. Celui-ci était commandé en ces jours par Mégy, révolutionnai.-c ardent, c'est certain, mais chef très inexpérimenté el dépourvu de toute capacité militaire. Devant le danger croissant, )légy perd ail la tête. La venue de Cluseret au cours de la journée du 28 rendit quelque solidité à la défense; mais la journée du 29 acheva de mettre le désarroi chez l~s assiégés. Les Versaillais, dont l'artillerie tonnait sans discontinuer, avaient poussé leurs tranchées sur la droite du fort presqu'è l'entrée du bourg d'lssy, el sur ·sa gauche, jusque dans le voi!IÎnage de la gare de
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