428 HISTOIRE SOCIALISTE lors nettement. Les plus étourdis comme les plus obtus se demandaient à quel prix cl comment conjurer le péril, éviter le gouffre qui semblait aspirer leur frêle esquir. Qui les préserverait? Qui les sauverait? Un pouvoir, un pouvoir forl, sans doute. une dictature qui briserait loules les résistances, s'asservirait toutes les énergies, referait en 18ïl le miracle ;révolutionnaire de li\J3. C'est de cet élal d'esprit que naquit le Comité de Salut public. Nous avons dil de la seconde Commission exécutive, constituée le 20 avril, qu'elle ne fui pas un gouvcrnemeql el qu'elle ne pouvait pas l'èlre en raison même de son fonctionnement. En réalité, la Commune n'avait eu qu'un gouvernement: sa Commission exécutive première, qu'elle avait brisée, ou pour mieux dire, que les eirconslanccs avaient brisée. Les membres de la seconde Commission élaicnl des chefs de services; ils n'étaient à aucun litre des dirigeants, maitres de se concerter el d'agir sous leur responsabilité pour des fins i,énérales. L'anarchie spontanée à peine un inslanl comballué, sinon dominée, n'avait donc fail que croitre el s'élendM à l'ombre de ce pouvoir qui n'en élail pas un. A ce moment, elle couvrait loul, pénélrail loul. Pour n'avoir pas voulu d'organisme permanent de coordination el de contrôle, la Commune avait perdu Ioule ;:irise sur les groupements et sur les individus qui lullaienl, ou étaient censé luller, pour la cause de la Révolution. Une refonte lolale du système s'imposait donc, un renforcemen\ ou plutôt une restauration de l'autorité centrale qui, enrayant le désordre monlanl cl la confusion grandissanle, communiquât à la résistance une impulsion d'ensemble. La poursuite de celle refonte, de celle restauration était légitime autant que salutaire. Par malheur, il élail lrop lard, admcllant que la chose cul été jamais possible, pour remédier aux vice~ de la situation. Ce que la Commune n'avait ru accomplir à son au~orc, au lendemain de sa victoire cl de la fuite de l'ennemi, elle ne pouvait espérer le réaliser à son déclin, alors que la rénclion rcprénanl l'avantage l'enserrait dans Paris cl la lenail sous le feu de ses canons lonnanl a pleines gueules. El puis les mols n'ont jamais évoqué les choses, si cc n'i-sl dans les contes de fées. La Commune avait beau se remémorer à ellc-mème les souvenirs hérolqucs de l'autre siècle el de l'autre Révolution, c~s réminiseenccs ne pouvaient aboutir qu'à autant d'anachronismes intempestifs qui, au lieud'imprimcrau mouvement une poussée nouvelle, allaient en altérer le sens, en compromcllre le caractère cl détruire le reslanl de vitalité qui subsistait en lui. li semble bien, du resté, que la Commune ail compris à ce moment qu'cllo s'engageait dans une impasse el ne possédait mèmc plus le ressort suffisant pour faire jaillir de sa propre substance celle diclalurc suprème, aux pieds de laquelle elle au rail ensuite abdiqué pour la recherche du salut commun. Cela se marque à ses hésitations qui l'amenèrent à consacrer trois séances à une délibération qui aurait do, si l'inslilulion réclamée par Miot avait répondu pleinement el cxaclcmenl à des nécessités de tous senties, ne durerqu'un_quarl
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