J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

lllSTOIHE SOCI.\LISTE de leur demander leur conscnlement. L'Empereur, clans sa lei Ire du li juin, a"aHdit : (\ :\'.011s nr pourrions songer à l'extension de no5 fronlit\rC's que si la carie de l'Europe venait à êlre modifiée au profil exclusif d'une grande puissance, el si lrs provinces limitrophes demandaient, par des ewux libremenl exprimés, leur annexion à la France 11. Qui parlait encore de cela'! El, en \'érilé, le Gouverncmcnl de !'Empereur faisait bien de renoncer à cc simulacre de consultation, à celk comédie. •Qu'auraient pu les peuples el comment auraienl-ils pu traduire vraiment leurs pensées le jour où ils seraient livrés par une grande nation mililaire à une autre grande nation militaire'! Il y a, hélas! dans celle seule lcnlalive, une violence à la charge de la France, un allentot contre le droit analogue à celui que, quatre ans plus lard, la Prusse consomma contre l'Alsace el la Lorraine. Ce n'est pas tout : à peine la France, devant le refus brutal de ~I. de Bismarck, rcnonce-t-elle à la rive gauche du Rhin, qu'elle élève une prétention nouvelle, plus injustifiable encore. Celle fois, cc n'est plus ~l. Drouyn de Lhuys, c'est ~I. Houher qui la formule. M. de Bismarck, ayant laissé entendre, aux heures critiques, E>lpour calmer un peu les impatiences françaises, que la France pouvait se dédommager avec des territoires de langue française, la diplomatie de l'Empire se jette sur celle amorce, et M. Benedetti est chargé de soumettre à M. de ll1smarck, le 15 ao0l, un projet do lrailé vraiment monstrueux qui livre à la France la Belgique, restée pourlant loul à fait en dehors du conflit: « Arlicle premier. - S. M. !'Empereur des Français admet et reconnaît les acquisitions que la Prusse a faites à la suite de la dernière guerre. « .\rt. 2. - S. M. le Roi de Prusse promet de faciliter à la France l'acquisition du Luxembourg. • Art. 3. - S. M. !'Empereur des Français oe s'opposera pas à une union fédérnle de la Confédération du Nord avec les Etals •lu midi de l'Allemagne, à l'exception de l'Autriche, laquelle union serait basée sur un Parlement commun, tout en respectant dans une juste mesure la souveraineté des Etals. • .\rl. 4. - De son côté, le Hoi de Prusse, au cas où S. }l. !'Empereur des Français serait amené par les circonstances à faire entrer ses troupes en Belgique ou à la conquérir, accordera le concours de ses armes à la France. « Art. 5. - Pour assurer l'entière exécution des dispositions qui p;écèdent, S. M. le Hci de Prusse et S. M. rEmpereur des Fran~ais contractent par le présent traité une alliance offensive el défensive. , Q11eltitre aura désormais la France impériale pour dénoncer les « entreprises ambitieuses" de la Prusse? De quelle front pourra-l-clle faire appel au droit des nations? Sans doute c'est à l'insu du Corps législatif, c'est à l'insu de la Franco que ces combinaisons étaient tentées, mais quand un peuple par égoïsme ou par peur s'èsl téfugié dans la toute puissance d'un homme, quand il n'a opposé à la violence d'un coup d'Etat <1u'une molle résistance, quand

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