34 IIISTO!llE SOCIALISTE le Rhin avec huit cenl mille hommes el nous ·vous prendrons l'Alsace. - (Juoi ! s'écria Benedetti, vous pensez que l'Aulriche fera la paix avec vous si nous marchons contre vous? Bismarck lui dit: Cc n'esl pas une pensée nouvelle; si donc vous allez à Paris, mettez votre Gouvernement en garde contre une guerre qui pourrait èlre redoutable. · - Je le ferais volontiers, répondit l'ambassadeur, mais ma conscience m'oblige à déclarer à Paris, à !'Empereur, que s'il n'oblienl pas unr cession de territoire il esl exposé, avec sa dynastie, au péril d'une révolution. ' - Soil; mais ajoutez qu'une guerre née de pareils motif~ pourrait bien êlrc conduite 'par des moyens révolutionnaires: cl en face d'un péril révolutionnaire les dynasties allemandes seraient plus solidcmenl fondées que celle ùe l'empereur :'iapoléon Ill. · Ce n'esl poinl par Benedclli que nous savons le dét,ail de celle entrevue dramatique de Nikolsbourg. Lui qui, dans son livre: Ma Mission ,11 Prusse, cite si largemenl loutes les dépèches qui peuvenl prouver sa modération el sa clairvoyance, il s'abstient de reproduire la lellre où il raconlail à son Gouvernement sa démarche auprès du ministrn prussien. Peut-ètrc laissait-elle lrop voir combien il avait encouragé à celle dale les prélcnlions si imprudenles du Gouvernement français. JI avoue cependanl qu'il avail approuvé celle politique de compensation : " En présence des importantes acquisitions que la paix assurait au Gouvernement prussien, je fus d'avis qu'un remaniemenl territorial étail désormais nécessaire à nolre sécurité. » El surloul il averlissail le Gouvernemenl que la résistance obstinée de la Prusse ne pourrait être vaincue que par la plus énergique pression. « Je n'ai rien provoqut'.:, expliquc-t-il, j'ai encore moins garanti le succès; je me suis seulemenl permis de l'espérer, pourvu que nous fussions en mesure de montrer que nous étions disposés à l'exiger, pourvu, en un mol, que notre langage fût (e,·me el noire allilude résolue, ainsi que M. Drouyn de Lhuys a résumé lui-même mes apprécialions el la condition à laquelle je suborponnais le résullal de notre Jéma,·chc. » Donc, quand le ï aoùl, c'est-à-dire après trois tentatives infructueuses, M. Benedelli revicnl à la charge une qualrième fois el apporte à M. de Bismarck le projel de lraité qui stipulail la cession à la France de la rive gauche du Rhin, ou celle démarche n'avail aucun sens,ou c'i:tail une sommation. Elle étail d'autanl plus menaçanlc que la paixdéfinilive avec l'Autriche n'élail pas encore signée. !Jue devenait à ce moment, dans la pensée de la France, le droit des peuples'? En verlu de quel litre allait-elle mettre la main sur ces régions rhénanes qui avaienl été incorporées à la France pendant vingt-cinq ans par la conquête révolutionnaire el napoléonienne, mais qui n'avaient pas demandé leur annexi.on à notre pays? Il n'élail même pas question, dans le projet de traité,
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