J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOm8 SOCIALISTE il l'a ratifiée par"" plébiscilc, consacrée par Louleune série d'élections sen•iles, il esl responsable des acles de cc mailre ou de l'entourage auqt1cl ce maîlrc lui-même csl livré. D'ailleurs, si la France bonapartiste avait élé avertie de ce march6, (·blouie sans doute par une fausse image de grandeur, elle n'aurait prolcslé qt1'à demi. ~Ialg-ré loul le secret des chancelleries, ces négociations avaient percé cl plusieurs oratet1rs y firent allusion dans le grand débat de mars lSüï el la majorité du Corps législatif marqua par son altitude qu'elle n'entendait pas désavouer la politique d'annexion. Quand M. Emile Ollivier la comballil, quand il déclara : « Pas plus que les provinces rhénanes, la Belgique ne veut en ce moment devenir française », il ful accueilli par ces « mouvemenls divers », où se marque la désapprobation confuse d'une assemblée. EL contre M. Jules Favre se déchaîna un orage; comme il disait: "Quanlà un agrandissement politique, la France le repousse. ,, - Parlez pour \'OUS, lui cria ~l. de Cassagnac. El la Chambre ne se solidarisa point a\'eC Jules Favre. li poursuivit : - La France le repousse pa,·ce que loules les annexions portent en elles l'hostilité de la patrie mère à laquelle ces annexions sonl arrachées, parce qu'à l'heure où nous sommes, avec les grandes conquèles du génie huma:n, quand c'est la force morale qui conserve les empires, quand la vapeur el lo télégraphe règnent sur le monde ..... (lnlerruplions prolongées.) Cassagnac : - C'est la théorie de la pollro11nerie que vous exposez là. - Si on proposa il au cabinet ces annexions, les repousserait-il? Déclarerait-il que la Belgique nè sera jamais envahie? Que l'Elal du Luxembourg ne sera jamais menacé el que nous devons rester dans les li miles de nos frontières. (Bruyantes /11/erruplions.) Cassagnac : - C'est une honte. C'est l'ignominie de l'abdicalio11 ». Hélas! la responsabilité morale de la France esl engagée dans celle politique de violence sauvage; el si le traité proposé le 15 ao0t à la Prusse av ail pu aboutir, le coup de force el de tra!lrise commis contre la Belgique aurait été accclamé. Mais quelle ineptie de penser que la Prusse allait s'exposer à la guerre avec le peuple anglais pour assurer à la Jo'rance la possession de la Belgique I JI e&lvrai que la France donnait congé à la Prusse de franchir la ligne du Mein el d'envelopper les Etals du Sud dans l'unité fédérative de l'Allemag:ne. Mais la Prusse savait bien qu'un jour ou l'autre, servie par la force des choses qui allait à l'unité allemande, elle pourrait organiser Ioule l'Allemagne sous sa direction. Pourquoi aurait-elle compromis dans une aventure ce résultat certain? Des sollicitations de la France elle ne retint qu'une chose : c'est que celle-ci ne se consolait pas de la croissance de la Prusse el de la formation de l'Allemagne el que sa jalousie exaltée cherchait partout des compensations. Triste ferment de guerre prochaine. Mais la politique de l'Empire était aussi inconslanle qu'immorale. Ce pouvoir fort était le plus faible des pouvoirs, sans cesse divisé contre lui-

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