J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 417 ces pauvretés, jurer à leur corps élecloral, dans un document où Jocrisse collabore avec Tartuffe, que tout le monde à Versailles, ou presque, esl républicain. « Nous adressant donc à la population parisienne, nous lui dirons qu'après tout la République existe de fait, qu'elle compte dans l'Assemblée des défenseurs énergiques et vigilants; que pas un membre de la majorité n·a encore mis ouvertement en qweslion le principe républicain ». Et sur ces belles assurances ils convient leurs concitoyens à déposer les armes. Quanl à nous, ajoutaient-ils, el c'est ce qu'il convient <le retenir surtout de ce honteux factum, « nous resterons au poste que les suffrages de nos concitoyens nous ont assigné, <1uelque tragique .que soit la position que les circonstances nous ont faite. Jusqu'à l'épuisement de nos forces, nous y resterons. Que si la République courait des dangers ce serait pour nous une raison de plus de la défendre là où elle aurait le plus besoin d'être défendue el où ce serait avec les seules armes vraiment efficaces: la discussion libre el la raison. (1). Après cet aveu dépouillé d'artifice, la Contre-Révolution n'avait pas à se g,'ner. Elle était couverte et le chef de !'Exécutif pouvait à son aise saoùler de mensonge el d'alcool l'armée qui ferait des élecNlurs de Louis Blanc el consorts des cadavres marqués pour l'enfouissement ou des forçats à évacuer sur les bagnes de L.aNouvelle. Pour tout potage - faut-il donc s'en étonner mainlenanl - les conciliateurs de la ligue Répt1blicai11e obtiendront un jour, le 25 avril, une suspension d'armes Je seize heures qui permettra aux habitants de la malheureuse ville de Neuilly de quitter les caves où ils s'étaient réfugiés depuis des semaines pour échapper au bombardement el de gagner, scion que le cœur leur disait, Paris ou \' ersailles. Les loges franc-ma<;onniques, qui s'étaient aussi mises à !'rouvre en vue d'u~c transaction à l'amiable entre les belligérants, aboutiront à moins encore. Les représentants des loges avaient essayé <'gaiement de pénétrer jusqu'à Thiers et de le fléchir; mais ils s'attribuaient une influence et un crédit dont ils ne disposaient guère. Le chef de la réaction versaillaise le leur apprit à leurs dépens: il les reçut entre deux portes el ne leur répondit que par des menaces. On était alors à la fin d'avril ; le temps des atermoiements el des précautions oratoires étRil passé; l'armée QC l'ordre était prêle pour l'assaut cl pour le massacre. « Mais que voulez-vous faire·? » s'était écriée la députation ma<;onnique. - « Défendre l'Assemblée envers el contre Lous, avait répliqué Thiers, el pour cela nous trouerons des maisons el tuerons des hommes jusqu'à ce que le.droit reste à la force». (t) Ce docom('nl, paru en d11tc du 8 11vril, est signé : l..c.1, repré,.cnt:mt-. de Pari,, pf'l:~enttt à Veniaillei; : Louis Blanc, llcnf'i Dri1,son, Edmond Adam, C. Tirurd, E. f&rcy, A. Peyrat, 1-Ag.ir {,hliaet, Langlois:, Dorian.

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