J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 411 le cœur do lous les citoyens, n'ait point pour résultat la perle de la République cl de nos libertés. « A cet o0ot, il importe qu·un programme nelkmonl déterminé, ralliant dans une p,mséo commune l'immense majorité des citoyens de Paris, molle fin à la confusion des esprits el à la divergence des efforts. « Les citoyens soussignés, réunis sous la dénomination de la Ligue d'union républicaine des llroils de Paris, ont adopté le programme suivant qui leur parait exp~imer les vœux de la population parisienne. « Reconnaissance de la Hépubliquc. « Reconnaissance des droits de Paris à se gournmcr, à se régler par un Conseil librement élu cl souverain dans la limite de ses attributions, sa police, ses finances, son assistance publique, son enseignement ol l'exercice de la liberté de conscience. « La garde de Paris exclusivement confiée à la garde nationale composée de lous les électeurs valides. « C'est à la défense de ce programme que les membres de la Ligue veulent consacrer Lous leurs efforts, cl ils engagent lous l~s citoyens à< les aider dans celte lkhe, en faisant connaitre leur adhésion, afin quo les membres de la Ligue, fo,·Lsde celle adhésion, puissent exercer une éner·gique action médiatrice, capable d'amener le ,·établissement do la paix el de maintenir la Hépublique. » Parallèlement à la Ligue dTnion républicaine, dans un même esprit el avec des vues identiques, se groupaient d'autres hommes .venus du reste de milieux très voisins : savants, artistes, professeurs, publicistes. C'étaient : André Lefè1Te, Letourncau, Louis Asseline, Coudereau, Yves Guyol, les D<>Onimus, Mercier, Bourgoin, Danion. vingt autres qui, dans une déclaration publique portant le titre d' « Equilibre républicain », formulaient ainsi leur program·me: J. République indiscutable, démoèraliqueellaïque; li. Commune autonome librement élue, fréquemment renouvelable, exp,·cssion municipale sociale cl politique de la cilé; 111.Fédération des communes, garantie mutuelle de leur autonomie. C'étaient encore Ch. Pajol, professeur à la Faculté de médecine, Delasiauve, médecin des hôpitaux, •1ui, avec Jes avocats, des médecins, des ingénieurs, des peintres, écrivaient à Thiers:« Monsieur ..... Vous croyez il une émeute: vous vous trouvez en face de convictions précises el généralisées. L'immense majorité de la capitale considère la République, aujourd'hui gouvernement de fait el qu'on ne po~rrail changer sans une révolution. comme un droit supérieur, hors de dé'cision.... Paris, à lori ou à raison, a vu dans toute la conduite de l'Assemblée le dessein prémédité de rétablir la monarchie, origine de nos aOreux désastres. Beaucoup dé citoyens ont différé d'avis sur l'opportunité d'une résistance matérielle; mais conclure de là à un désaccord sur le mérite du régime républicain serait, de votre part, tomber dans une erreur grave "

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