-112 IIISTOIRE SOCIALISTE Ces cilalions, ces signatures lraduiscnl les scnlimcnls cl les tendances qui dominaient alo,·s auprès de la bourgeoisie aisée el éclairée. Celle-ci ne répugnait pas encore à pencher lhéoriquemcnl du côlé de la Commune, en lanl du moins que celle dernière symbolisait les idées d'allachcmenl à la forme républicaine el de défense des libertés municipal~s; mais celle inclinaison élail toute plàlonique: on senlail bien qu"elle ne commanderait aucun acte concordant. La bourgMisie demeurait prl!le à affirmer, comme la Commune, la nécessité du maintien du régime républicain cl de l'inslauralion de larges franchises municipales; mais elle élail bien résolue à ne pas se joindre au prolélarial pour collaborer à une action de force quelconque. C'est à la bonne volonté versaillaise qu'elle s'en remellail. Elle en appela il de Thiers mal informé à Thiers mieux informé. Lâcheté, sans nul doute, mais calcul aussi. Une chose en effet, bien qu'il n'y paraisse pas, dans ses déclarations, l'inquiélail, le lroublail el lui f.aisail appréhender davantage le succès de la Commune que sa défaite, à savoir l'arrirr1J-fond socialiste qui s'entrevoyait el se devinnil dans le mouvement qui emportait Paris ouvrier. Aux meilleurs des républicains bourgeois, les nouveaux occupants de l'llôlel de Ville, ces travailleurs, ces adeptes de l'Internalionale ou du Blanquisme, brusquement surgis au premier plan, ne disaient rien qui vaille, car ils personnifiaient trop manifeslemenl les conceptions el les inlérêls d'une autre classe déjà rebelle, hier, sous l'Empire à leur lulelle, el qui tendrait de plus en plus à s'affirmer distincte el antagoniste. Réaliser avec l'agrément de Versailles el contre la Commune certaines des idées de la Commune, c'est à ce niveau, pas plus, 'lue se haussaient en conséquence la bonne volonté el la ferveur démocratique des plus décidés el des plus fermes parmi les conciliateurs. Une intervention ainsi condilionnée élail d'avance vouée à l'insuccès. Les forces de droite, en elTct, Ioules puissantes, à l'Assemblée nationale, n'éprouvaient aucun besoin de composer el pactiser avec la Hévolulion; elles aimaient mieux vaincre en ayant en main les moyens certains. Pourquoi se seraientelles prêtées à des transactions qui auraient alléré le sens de leur victoire elles auraient amené à en partager les fruils avec un pa;li qui n'élail rien encore el qu'il y avail loul lieu de maintenir dans cel élat d'infériorité? Quant à Thiers qui n'admellnil pour son compte la République que conservatrice, c'est-à-dire dominée par les hommes el les procédés de gouvernement des anciens régimes, il élail moins disposé que personne à prendre au sérieux les négocialours el leurs négociations, el le leur fil bien voir dès la première occasion. Le 8 avril, il recevait les délégués de l'Union Nalio11ai<des Chambres syndicales, Raull, Levallois, l\lareslaing, Lhuillier, Jules Amigues, introduite par le fidèle Barthélemy Saint-Hilaire. Ces délégués étaient allés, auparavant, présenter leur camelolte fédéraliste el autonomiste au rabais, à MM. les représentants des groupes de droite el des groupes de gauche de r Assemblée
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