410 HISTOJR.E SOCI.\LISTE bien, au moment, l'opinion de tous les membres de la Commune el de tous les comballanls parisiens. Chassés <lela rue, les conrilialeurs se réfugi,'rcnl dans les ligues. Parmi ces ligues, Jeux jouèrent un rùlc pal'liculièrement important: l'Union Nalional, des Chambres Syndicales et /'Cnio11Républicaine des Droits de Paris. L'Union Nationale groupa jusqu'à cinquante-six Chambres syndicales et enregistra l'adhésion de plus de sept mille industriels et commerçants. Elle avail délégué ses pouvoirs à une Commission permanente composée de négociants notables : Loiscau-l'inson, président de la Chambre des Teinturiers; Barague!, président de la Chambre des Compositeurs-Typographes; Josy, président de la Chambre des Ouvriers Scrrnriers en B,\limcnt; Levallois, viceprésident de la Chambre des Tissus de laine: Lhuillier, président do la Chfinbrc de la Passementerie; mais clic ful surtout dirigée par deux publicislès Ch. Limousin !ll Jules Amigues. Celui-ci devait finir quelques années plus lard dans le bonapartisme, mais il semble à cc moment avoir agi avec une conviction droite. L'Union .Yalionale fil connaître ses vues par un manifeste où elle affirmait · que les résistances respectives lant de la part de l'Assemblée Nationale que de la Commune procédaient surtout de malentendus qu'une intervention claire et bien intentionnée pouvait ais~menl dissiper. Dans cet espoir, l'Cnion se déclarait pr<lle à entrer en pourparlers avec l'Assemblée cl la Commune pour leur proposer les termes d'un accord pacifique comportant « la constitution de la République en dehors de laquelle il ne saurait y avoir qu'une succession inévitable de troubles el de périls », el l'organisation « des franchises municipales de la Ville de Paris sur les bases les plus démocratiques, mais distinctes des pouvoirs politiques chargés des intérêts généraux do la France ». Plus exclusivement politique élail la Ligue d'union républicaine des Droits de Paris qui, le (i avril, après la réunion avortée de la Bourse, avait publié son premier manifeste. Aux signatures figuraient, en efiel, les noms de trois députés de Paris à l'Assemblée nationale: Clemenceau, Floquet cl Lockroy, qui venaient de donner leur démission. A cùlé, celles de 13onvalet, ex-maire du Ill•, de Corbon, ex-maire du XV•, de ~lollu, ex-maire du XI', d'Allain-Targé, G. Lechevallier, préfets de la Défense nationale, de Laurent-Pichat, lsambcrl, Stupuy, Jobbé-Duval. Toul le radicalisme de la veille el celui du lendemain, comme on le voit. li n'est pas inutile de reproduire le document lui-mème puisqu'il engageait un parti d'avenir el dont plusieurs des adhérents devaient jouer, dans la suite un rôle considérable. Le voici: " La guerre civile n'a pu être évitée; « L'obstination de l'Assemblée de Versailles à no pas reconnaître les droits légitimes de Paris a amené fatalement l'effusion du sang; " li faul maintenant aviser à ce que la lulle qui jelle la coW1ternalion dans
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