HISTOIRE SOCIALISTE 409 siennes. Il vise au surplus, la Révolution nyanl celle fois dans la Commune une expression légale, à obliger celle Commune à limiter ses pouvoirs ou mieux à abdiquer. Pour les initiateurs de cc complot, radicaux bourgeoi,anl qui se nomment Clemenceau, Lockroy ou Floquet, il y avait trop de travailleurs à la Commune el trop de socialisme. Ils pensaient, s'ils ne le disaient pas, qu'entre l'Assemblée nationale monarchiste el Paris républicain insurgé il y avait place pour leur coterie qu'ils grossissaient déjà en parti. Radical d'apparences, mais conservateur de fond, ce parti bourgeois, moins archa'ique que ses congénères, maintiendrait intacts el consoliderait les privilèges sociaux, sous les espèces républicaines el démocratiques mieux encore que sous Ioules autres. La Commune pouvait-elle écouler ces propositions·/ Non. Pour celle raison déjà suffisante que, là-dedans, en somme, il n'était question que de sa mort. Pour celle autre raison ensuite et plus décisive que les droits dont le tiers-parti réclamait avec la Commune, comme la Commune la reconnais~ance : libertés républicaines, franchises communales, élection populaire des chefs de la garde nationale n'étaient plus à solliciter de l'Assemblée vers\illaise comme des faveurs, des concessions gracieuses el généreuses, mais à conquérir à coups de fusils sur le champ de bataille. C'était; clair, cl bien aveugle <1uine le voyait pas. L'altitude adoptée par la Commune, lors de la première manifestation publique tentée par les conciliateurs, n'a donc rien qui doive surprendre. Cc fut le 5 avril. Les conciliateurs avaient convié la population à un meeting à la Bourse, el disaient leur but dans un appel abondamment reproduit par la presse. Le dit appel demandait bien, sans doute, à l'Assemblée i\alionale « de voler les institutions républicaines el surtout de repousser, commcaulanl de brandons de discorde civile, les projets de loi municipale, tels que celui qui imposait le maire aux villes de plus de 6.000 âmes », mais en même temps il blâmait vivement les« prétentions politiques » de la Commune el l'invitait à rentrer dans ses attributions d'assemblée municipale. A quoi la Commune répondit: « La réaction prend tous les masques. Aujourd'hui c'est celui de la conciliation. La conciliation avec les chouans el les monarchistes qui égorgent nos généraux el frappent nos prisonniers désarmés; la conciliation dans de telles conditions, c'est la trahison •· Et elle interdit la réunion, chargeant le délégué à la Gucrre el le commandant de place de disperser au besoin les manifestants par la force. En v.érilé, la Commune ne pouvait agir autrement, quelles que fussent les intentions droites de certains des conciliateurs. Theisz, plus lard, écrivait sur cel objet (1): • Dans la lulle du peuple contre les hommes de mauvaise foi qui l'exploitent, il n'y a de conciliation que par son lriomphe •· Telle était ti) Lettre de Thci"2: à la Con,lilation, lfi seplcmbrt' i8i 1.
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