J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

108 lllSTOfR E SOC!.\ LIST~ preuves en main, déclare que la Commune, à son agonie, n'a fait qu'exécuter la sentence rendue par Thiers lui-même cl par Versailles. Elle met au comple de la réaction les qualre-vingt-qualorzc cadavres d"otages Lombés à la Roquelle cl au jardin de la rue llaxo cl les additionne avec les 30.000 Parisiens cl Parisiennes assassinés d'autre part sous couleur do venger l~s premiers. LES CONCILIATEL'RS Ainsi que nous l'avons déjà nolé, l'échec des bataillons fédérés aux 3 el 4 avril avail modifié à nouveau et profondémenl les disposilions de la classe moyenne parisienne à l'égard de la Commune. Après avoir oscillé pendanl les dernières semaines de mars entre l'abstention el le ralliement au gouverncmenl insurrectionnel, les éléments bourgeois du commerce, de l'industrie, des professions libérales, avaient incliné un moment à la dernière solution, et nous les avons même vu venir conseiller à la Commune la marche sur Versailles, en vue du débloquemenl de la capitale. La victoire les aurait sans doute retenus sous le drapeau révolutionnaire; mais c'est la défaite qui s'étail présentée; el du coup les sentiments de prudence reprenanl le dessus, la Commune étail devenue, ou redevenue, pour tout ce qui n'était pas dans Paris ncllement el franchement prolétaire, sinon l'ennemie, du moins l'étrangère avec qui l'on garde ses dislances. A daler do ces jours, la désaflection bourgeoise va s'accuser grandissanle sans cesse. Elle se marque par les démissions des derniers représenlanls des quartiers du Centre qui siégeaient encore à l'Assemblée communale, les gambeltistes Ranc el Ulysse Parenl le 5 avril, Goupil quelques jours plus lard. Elle se marque encore par le changement de ton de la grande presse républicaine: du Temps d'abord, de !'Avenir naliona/, de la Vérité, du Siecle, du Rappel même, qui abandonnenl progressivement leur allitude de réserve imparliale el presque sympathique, pour appuyer les visées el les démarches d'un Liers-parti, de nouveau éclos, le parti des conciliateurs, en allendanl qu'ils se joignent, certains du moins, au chœur des journaux de réaction qui de Versailles vilipendent el salissent le peuple révolté. Les conciliateurs, il s'en trouve partout et en tout temps. Dès le 18 mars, au soir, il en était poussé à Paris à tous les carrefours, dans les cabinets de toutes les mairies et les salles de Loutes les rédactions. Ces conciliateurs nous les avons déjà regardé opérer. Nombre d'enlre eux certes, étaient portés des meilleures intentions du monde, mais leurs tentatives pieuses n'aboutirent en somme qu'à emp~trer la marche du Comité ccnlral el à paralyser la révolu· lion à son aurore. Ce sonl les mèmes, ou à peu près, moins les inspirés directs de Thiers, comme Tirard ou Méline, qui reparaissent en ce mois d'avril. Leur plan n'a pas varié. li consiste à obtenir à !"amiable, de Versailles, la reconnaissance formelle de la République et des franchises communales pari-

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