HISTOIRE SOCIALISTE Cambrai, d'Auxerre, où les généraux de rordre réunissent, arment et catéchisent les prisonniers d'Allemagne rendus par Bismarck complice. Au ;\ord-Ouesl, sur les berges de la Seine, à Asnieres, à 'euilly, vers la l'orle-~laillol, la résistance fut admirable el épique. Uu premier coup, IJombrowsl,i avail rétabli la situation el jusqu'au 20 mai, dans ces parages, une poignec de braves tiendra en échec un adversaire dix fois supérieur en nombre avec d,•s allernali,·es de succès el de revers. Dans la nuit du \) avril, Dombrowski débutait en chassant, accompagné de \'errnorel, les Versaillais d'Asnicres. De là il canonnait, avrcdes "agons blindés circulant sur la voie ferrt\e, Courbernie cl le pont de Xcuilly. i.a mème nuit, son frère Ladislas, avec Jaclard, se saisissail d'un autre poinl stratégique: le ch:lleau de B~con, qui commande la roule d'Asni,•rcs à Courbevoic. Le l'l avril, les Versaillais lentaienl contre celle dernière position un retour offensif, mais ils étaient repoussés. Le chàteau de Bécon ne devail être repris par les troupes de l'ordre quP le lï. Ce jour. les 2:;() fédér~s qui roccupaienl, après avoir tenu six heures contre une brigade entière, se reliraient. Le lendemain, .\'snii•res élail allaqué à son tour el Dombro"ski, n'ayant reçu pour tout renfort que 300 hommes, devait évacuer le village el repasser la Seine. Auguste Okolowicz ful grièvement blessé dans celle rencontre. Dombro\\ski se retrancha alors dans Xeuilly oit, pendant des semaines, la lulle se poursuivit :lpre, ininterrompue, de jour comme dr nuit. Chaque maison, chaque jardin devenus champ de bataille furent pris cl repris tour à tour par les fédérés cl leurs ddversaires. lmpa,ssible sous la fusillade, avec une bravoure froide el comme inconscienle, IJombrowski, présent partout, veillait à tout, parail à tout. La situation était terrible; les combattants vivaient comme dans un enfer, sans cesse assaillis, dormanl à peine, ne quillanl le fusil que pour se saisir de le pioche el éle,·er les retranchements improvisés qui, une heure ou Jeux, leur &er,·iraienl d'abris incertains jusqu'à ce que, délogés, tournés, ils aillent quelques pas plus loin r6édificr d'aul.-es relranchemenls semblables pou"I'une dérenshe nou\'elle. Du )lont-\'alérien, de la foruiidable redoute de Montreloul, une plu,e de fer et de feu s'abattait sans discontinuer su,· eux cl aussi sur le mallwureux village, sur .-\sniêres, sur Levallois qui n'élaienl plus que ruines, décombres, cendres et incendie. ,\ celle canonnade furieuse répondaicnl seuls ou à peu près les canons établis à découverl à la Porlc-Maillol el placés sous le feu plongeant de l"ennemi. Là aussi, à ce poste intenable, se dépenscrent des trt'sors d'énergie et de vaillance. Quarante-huit jours les pièces de la Porte-)laillol lonnèrenl sans arrêl. Pointeurs el ser\'ants n'y résidaienl guère plus de 11uelqucheures, car la mort avait lôl fait de les y faucher. Cependant pas un inslanl les pièces ne chômèrent el ne se turent. Il se trouvait toujours el immédialement d'autres intrépides pour prendre la place des intrépides qui venaient de succomber sous leurs yeux. Dans la région du Sud, avec Wroblewski, les hostilités se poursuivaient
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