J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

392 HISTOIRE SOCIALISTE milliers de ses unités tuées ou prisonni~res et avaient amené deux fois l'ennemi presque jusque dans Paris. Les chefs sauraient prévoir, combiner, manœuvrer; les soldais pouvaient donc se battre, risquer leurs os avec quelque avantage, quelque utilité. Leur bravoure ne se dépenserait plus en pure perle. Réglée, disciplinée, clic arrèlcrail les Yersaillais, les immobiliserait devant les tranchées et les forts, les contraindrait à entreprendre un si,'gc méthodique et long dool l'issue demeurait problématique. Le malheur est que si les chefs y étaient enfin ou à peu près, l'armée n'y était plus cl y sera de moins en moins. Il ne faut pas s'en remettre pour juger les effectifs militaires de la Commune aux étals officiels fournis par les ofGciers de la délégation à la (;uerre pas plus qu'aux statistiques de source ,·ersaillaise. Le rapport du 2 au 3 mai, sur la situation des légions, dressé par le colonel chargé de l'organisation Mayer et approuvé par les membres de la Commission de la (;uerre: Arnold, Avrial, 13ergeret, Uelescluze, Ranvier el Tridon donne présents sous les armes dans les compagnies de marche 8-U)86 hommes avec 3.-113officiers, el dans les compagnies sédentaires ïï.6fü hommes avec 3.09.i officiers (1). Pour sa pari, le général ,\pperl renchérissant encore sur ses données, dans sa déposition ù la Commission d'Enqu<'le sur le 18 mars, porte à \l'.1.06·2l'efieclif des troupes actives dont disposa la Commune el à 114.842 l'effectif des troupes sédentaires, soit au total 213.904 gardes nationaux de première ou de seconde ligne. :'\i l'uu ni l"aull'C de ces documents ne relate le vrai. Le colonel )foyer et la Commission de la Guerre avaient voulu, en forçant considéral,lemcnl les chi lires, redonner confiance el "igueur aux défenseurs de la Commune cl à la population parisienne. Quant au général Appert, parlant après la \"ictoire de l'armée de l'ordr·e, il tenait à souligner la grandeur du triomphe en enOanl arbitrairement la puissance de l'ennemi révolutionnai,·e que la réaction avait trouvé devant ello. En réalité, les 100,000 hommes que la Commune avail eu au 2 el au 3 avril, <Juis'étaient le,·és encore pour elle immédiatement après l'échec de la sortie et pour conjurer les suites périlleuses de cet échec, n'y étaient déjà plus le ï ou le 8 avril. Dombro\\ski, \\"roblewski cl leurs lieutenants, même aux plus !,eaux jours, disposeront au maximum de 30 ou 35,000 hommes: 12 à 15,000 vers le Sud, J:, à 20,000 vers le ;\°onl-Ouesl. Sous ses ordreg directs, Dombrowski aura, par occasion, jusqu'à G,000 hommes; malgré ses a)>pels pressants el continus à la Commune, il n'en pourra en aucune cir~onstance grouper da\'anlage. Ce sont ces bra,•es, Joni les rangs iront s'éclaircissant sans cesse sous le passage des balles et des obus, qui s·opposeronl pendant un mois cl demi aux 150,000 hommes de Vinoy el de Mac-Mahon, quotidiennement renfo,·cés par des troupes fraîches venues des camps Je concentration de Cherbourg, de (1) Journal Officiel du (i nui, p. UH-\~J.

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