J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

38-1 HISTOIRE SOCIALISTE C'étaient des ouvriers de Paris pt•êls à risquer gaiement leur peau derl'Îère les barricades, à l'abri d'un las de pavés branlants, mais insuffisamment entrainés pour les manœuvres d'une guerre méthodique cl compliquée, comme le sont devenues les guerres modernes, avec le perfectionnement du matér iel de meurtre el l'emploi combiné des diverses armes, guerres où la bravoure c ompte peu, si elle ne s'étaye, chez les officiers du moins, de science cl de calcul . Au commandant supérieur d'une pareille armée. il aurait fallu sans do ute pour vaincre el faire rayonner sur la France d'abord, sur le monde ens uite la Révolution triomphante, des qualités de premier ordre, exceptionnelles c omme les circonstances, le don d'im•enlion, de création. Ce chef aurait dû avan t lou 1 sentir el comprendre celle foule, vibrer à son unisson el forger pour elle, pour son usage, les méthodes a,ipropriées qui permettraient d'utiliser son ent rain cl sa vaillance, de l'encadrer tout entière solidement cl d'en faire un formidab!e organisme où l'esprit de solidarité cul été le substitut heureux de l'esp rit de discipline autoritaire el mécanique. Il lui aurait fallu tenter cl réus sir ce qu'avaient tenté el réussi les conducteurs du peuple soulevé el armé aux temps de Valmy, de Fleurus el de Jcmmapes, marchant avec de jeunes recrue s, des volontaires surgis la veille de l'atelier el de la glèbe contre les vieilles t roup~s de Brunswick cl les culbutant d'une poussée irrésistible. ~lais, sans a ller si loin, on i>ouvail espérer que le noU\·eau ministre qui avait si ,lprcmenl ambitionné un rôle militaire de premier plan chercherait à se hausser à la hauleur des circonstances, s'efTorcerail d'organiser, n~ ftll-ce qu·a,·ec. les pr océdés élémeolaires el cou.-anls, les masses considérables dont il disposait. li n "en ful rien. Oc tous les héros des temps passés el présents, il n'aspira qu'à recommencer le seul Trochu. Ce fu( là son modèle unique el qu'il imita ju squ'au boul. Comme lui, incertain el hésitant d~ns la conception, il se montra c omme lui, indolent cl inerte dans la pratique el l'action, cl rendit à sa chute une armée mllrc pour la capitulation si elle était l~che, mtlre pour la bouch erie si elle élail brave. Son premier décret, en date du 5 a,·ril, porte la man1ue de celle indécis ion foncière que l'on retrouve à loul pas. Cc décret coupe en deux la garde nationale. Les hommes de I ï à 35 ans non mariés ·formeront des compagnies de marche dénommées aussi bataillons de guerre. Le restant constituer a des compagnies sfdentaires. Autrement dil, Cluseret, cro)anl faire la part d u feu, écartait délibéremmcnl du champ de bataille les trois cinquii'mes de la garde nationale, retenant les deux autres cinquicmes pour en faire une sorte d' armée aussi semblable que possible à l'armée régulière. l"n second décret, en date du ï a,•ril modifiant le premier, imposera le service obhgatoire dans les compagnies de marche à tous les hommes mariés ou non de 19 à 40 ans el racullativemenl de Jï à 19 ans, mais le principe n'en subsistera pas moins. Ainsi Cluserel ne savait pas prendre parti, faire son choix. Inclinant au fond à une lactique de pure défensive, - il avait très vivement critiqué la sortie

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