J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE masses qui s'abandonnent aussi vile qu'elles se sonl exaltées el apparaissent incapables de fournir un effort de plus de quaranle-huil heures. Mais peul-<'l.-e ces raisons-là, les générales comme les parlic-ulii•rcs, n'auraient-elles pas ruiné aussi rapidement cl aussi st\rcmcnl le mouvement insurrcclionnel s'il n'en Nail YCnu s'ajouler une aulre que Versailles exploita ofÎJcicllemenl cl que les Yersaillais honteux de Ioule Yille cl de lout clan cxploiti-rcnt plus encore. Le lori de la Commune pour la France, sa lare rédhibitoire ful de ne pas avoir "placé à sa lèle de personnalités connues,. de célèbrilés consacrées, de « gloires ", comme on disait alors. On se defnandail dans les déparlemenls: les bourgeois cl les ot1vricrs se demandaicnl : que sonl ces nouveaux venus dont pour la plupart nous n·avonsjamais entendu parler·! Que veulent-ils? Oi, rnnl-ils·? C'est lrisle à dire; mais c'esl le fait: un \ïclor llugo, un Louis Blanc, un Garibaldi embarqué dans le mouvement el la France marchai! sans doute, s·assoriail à la levée d'armes parisienne. Le paYillon couHail la mar- .-handise. Les forces Yi,·es du pays allaient, en 18ïl, sous l'impulsion de Paris à la Révolulion sociale, ronrn1e elles élaienl allées, en 17::l9,en en 18:lOel en 18JH, à la Révolution politique. Faule de celle caulion bourgeoise, les prolétaires des départements ne comprirent pas. Après un passager su,·saul, ils relombèrenl à l'inertie, à la passivité el laissèrent la capitale supporter seule le choc de !oui !"effort conlrcrévolulionnairc. Abandonnons donc celle province qui se raye ellc-mème de l'action el de la Yie el revenons vers l'unique comballnnl, \'ers Paris. APHÎ5 LA ~unnt:: En ,Mme temps qu'il délachail de l'insurrection, rejelail dans une sorte de neulralilè bienlôl hostile les éléments pelils-bourgcois un inslanl entrainés, le désastre du 3 el du 4 aVl'il avait pour effet de ruiner irrémédiablement le ccédit el J'aulorilé de la C:ommission exéculi,•e. La démission de Lefrançais, ses criliqucs rélrospeclivcs n'avaient pas peu contribué à ce résultat. Aussi, l'incohérence de Félix Pyal, ses frasques, ses pantalonnades. La Commission trainera quelques jours encore; mais elle esl dès lors frappée à mort. Cournel, Oclescluze, Yermorel peuvent y entrer, Avrial ensui le: leur présence ne communic1uera pas à la moribonde le moindre regain de vitalité. Sans doute dominée par les événements, insuffisamment secondée, victime de la grève des fonctionnaires fomentée par l'intrigue de \"crsaillcs, manquant de personnel, manquant d'information, manquant de temps, la Commission exécutive avait peu ou mal rempli la mission de conlrôle supérieur el de direction générale qui lui incombait. Pour les raisons que nous avons détaillées à leur lieu, elle avait élé conlrainle d'abandonner la conduite des opéralions militaires à l'impéritie de généraux novices el imprévoyants, comme elle avait élé conlrainle pour la police de s'en remellre à la fantaisie brouillonne el agrcs-

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