HISTOIRE SOCIALISTE 371 à Montmartre, les femmes se jelaieul courageuses entre les soldat~ el les émrulicrs el la ligne levait crossesen•l'air, lin·anl ses orficiC'rs. f)anc;;l;'apr(•..- midi, une centaine de soldats déserteurs 1·enait grossir les clledifs révolutionnaires. Le plan <le Digeon, qui a,·ail pri~ pour litre: commandant des forces républicaines de l"atTondissemenl de ,arboonc, élail simple. )la:,re de ,arbonne. il ue voulait pas s'y enliser, allendre qu'on l'en vinL déloger: il 1·oulait, an contrai,e, prendre contact au plus loi a,·ec les centres d"alentour, de l".\udc cl de lïléraull : Carcassonne, Béziers, Cette, )lonlpellicr, où il a,·ait des inlelligenées, les solidarise,·, les fédérer cl, poussant plus loin, tendre la main à Toulouse, à )larseillc, debout déjà, el soule,·er tout le ~lidi. Chose possible, chose faite si le temps lui étail laissé, si les troupes, dont le g-oul"ernemenl versaillais pouvail disposer dans le sud de la FraQce, élaienl immobilisées autour de leur ,;arnison respective el n'accouraient pas Ioules ensemble J"accabkr. Le 21:l,étaient arrivées deux compagnies de turcos, se ruant comme à une rania: mais cela n"était pas encore un dange,·. Lï1otel de \'illc avail été forlifi,·, les rues l,arricadées Pl les brutes en unif'ol'me tenues en respect. Dans la rencontre, les insurgés n'al'aienl eu qu·un tué el trois blessé•. ~lalheureusemenl, le 30, la silnalion cha~geait du tout au tout. On apprenait que lïnsurrcclion était vaincue à Toulouse, comme à Lyon, comme à Saint-Etienne. Contre Narbonne, allait donc pournil' porter l'effort total des généraux de l'ordre dans celle région. Le 31, le rninqueur de Toulouse, le général Zenlz, se présente a, ec des forces im1>osanles. Bombardement ou reddition, c·esl en ces termes quïl s'annonce. Les soldats déserteurs, qui a,·aienl rejoint Digeon les jour, procédenls, l'abandonnent. Les gardes nationaux, sentant la partie perdue, la l'ésistance iuulilc, se rc.lircnl de leur cùlé. Digeon reste seul. li refus" cependant de quiller l'llôtel de l'ille. Des amis l"enli'vcnt pa,· violence, lui procurent un asile: mais le vieux répuulicain ne consent ni à fuit', ni à se cacher. Le 2 al'ril, il esl arrèlé el emprisonné. A celte date, hors. Paris, une seule c,tadelle de la rébeJlion rt\publicainc el ouvrière, ~larseille n·a,·ait pas succoml,é: ,\ ~larseille, lïnsurrcction s'élail élargie immédiatement en une rél-olulion véritable, présentant en raccourci tians so marche hfili,·e Ioules les péripéties qui avaient déjà man1ué ou dc1•aient marquer dans son déwloppemenl la propre Commune de Paris. Depuis six mois, peul-on dire, ~larseille n"avait pas cessé de l'ibrer à l'unisson de la Capitale. Au 4 Septembre, elle proclamait la llépublique à l"heure mèmc oil sur les bords de la :;einc le peuple envahissait le palais du Corps législatif, le 31 octobre, elle avait sa jouroéc d~ sursaut palriolique contre les dirigeauls incapables el traitres. ~lainlenanl, c'était l"As~emblée nationale sur <(Ilielle av.ail concentré ..es exécrations el ses colères. La nouvelle de la Hé1olutiou du 18 mars fol accueillie al'ec un enthousiasme confinant au délire. Le 22, dans une rénni-On tenue à )'Eldorado, devant un immens~ concours <le peuple, Gulan Crémieu", l'Of(iciel de Paris en mains, commenta éloquemm•nl les
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