J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

:Jï2 HISTOIRE SOCIALISTE événemcnls, soulignant les périls que courait la 11épublique en raison de l'allitude adopléc par le gouvcrnemcnl de Versailles el invilanl les citoyens à élever leurs cœurs à la hauteur des circonslances. Celle manifestation, suivie de démonslralions dans la rue, porta l'émoi cl la crainlc dans la partie réactionlionnairc de la population el sur les i1H'ilalions du général Espivenl de la \ïlleboisncl. le préfet, amiral Cosnier, crul qu'il importait à la cause de l'ordre de répondre par une conlre-manifcslalion immédiate. Pou,· ce, il enjoignait dans la matinée du ?3 au colonel Jcanjcan de faire ballrc le rappel dans tous les quartiers, afin de rassembler la garde nationale en armes. C'élail vouloir mellrc le feu aux poudres, comme le lui représenta vainement le maire Bory, précipiter, forcer le mouvement. Les gardes nationaux de l'ordre épouvantés restèrent. en cfîcl, terrés. Seuls se présenl&renl les gardes nationaux des quartiers populaires. Ainsi mobilisés, les gardes nationaux ne voulurenl pas se séparer avant d'avoir agi, manifesté avec éclat leurs convictions républicaines. Aux cris répétés de « \ïve Paris! \ïve la Hépublique ! » ils se portent vers la Préfecture. Rien ne défend, ne protège le monument; les« civiques» y pénètrent el y trouvent le maire, le préfet, ses deux secrétaires, un général de brigade cl !e commandant de Place, qu'ils arrêtent el font prisonniers, sans avoi,· du reste à se servir une seule fois de leurs armes. Le coup de filet capturant tous les gros personnages officiels rendait la Révolution maitresse de la place. Les gardes civiques en profilent pour nommer sm· le champ une commission municipale composée de Gaston Crémieux, président, Job, Etienne père, tous trois déjà conseillers municipaux, Alle1'Îni, Guilhard el Maviel. De.van! la foule grossie sans cesse, Crémieux, du haut du balcon de la préfecture, proclame la Commune, annonce que Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Le Creusot en onl fait autant el indique que des délégués vont èlrc envoyés à Paris pour mise en rapports réguliers du nouveau pouvoir marseillais avec le Comité central. Quelques heures après, le Conseil municipal réuni se ralliait el déléguait trois de ses membres Bosc, Desseroy el Sidore, pour s'adjoindre à la Commission départementale révolutionnaire. Le club républicain agissait à l'avenant, déléguant pour mèmes fins quatre de ses membres, Carloux, Fulgeras, Barlhelel el Emile Bouchet, substitut du procureur de la République. Pressé de Loule pari, le préfet versaillais, Cosnier, signait enfin entre les mains de Mégy sa démission, apportant la consécration dernière aux faits accomplis. Ainsi, sans avoir versé une goutte de sang, du consentement unanime de la population, semblait-il, la Commune s'installait à Marseille, en pkine solidarité de pensée el d'inlenti~n avec la Commune de Paris. C'est ce que disait le lendemain la Commission départementale dans son très ferme et nel manifeste : • Citoyens ... on espérait nous diviser en deux camps. Marseille a été unanime à déclarer qu'elle soutiendrait le gouvernement républicain régulièrement constitué, qui siégerait dans la capitale. Après avoir échappé au danger, Marseille ne pouvait plus avoir confiance dans l'administralioo préreclorale :

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