J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE métiers se rcmellaienl à battre au quartier de la Croix-Rousse. Lyon esquissera en avril un nouveau geste de révolle, mais plus aisément réprimé encore el plus crucllcmenl. Cinquante prolétaires, celle fois, tomberont derrii·re les barricades de la Guillolii•re. L'échec du mouvemcnl à Lyon, cxploilé par le préfcL dr Saùne-el-Loi,·e, frère de Jules Ferry, enll·alnail l'échec du mouvemcnl au Creusot oil les ouvriers de l'usine Sehncidrr avaient, le '.W mars, sous l'impulsion du maire Oumay, prnclamé la Commune cl décidé de seconder la Hévolulion parisienne. Charles Ferry a1·ail promis l'amnistie générale. Son premier arlc n'en ful pas moins, dès quïl cùl pénétré à l'llôlel de \ïlle à la lêlc du 3 Je de marche, de mettre la main au collet de Dumay cl de l'incarcérer . .\ Sainl-l•;ticnne, l'alcrk ful plus chaude. Lïlotcl de \ïlle demeura quatre jours, du 2~ au '.!7 mars, aux mains des milices populaires cl il est avéré que s: des hommes de coup cl'œil cl de décision s·étaienl levés parmi la foule qui eussent assumé la direction de l'entreprise, la cité stéphanoise peuplée d'ouvriers d.élilc : armuriers, passementiers el ceinturée d·unc banlieue industrielle: la Ricamarie, Firminy, Saint-Chamond où la ré1·olte était en quelque SMlc endémique eul fourni, ,Jans Ioule la région un point d·appui sérieux à un mouvemenl général, ravivé lïncendie mal éleinl à Lyon el créé une diversion éminemment utile à la cause parisienne. )lalheureusemenl, il ne se trouva pas de meneurs à la minute voulue. ,\prés le meurtre du préfet de l'Espéc, tué par inadvertance dans une échauffourée impromptue. la classe ouvrière atterrée par lïacidenl lâcha pied, s'abandonna. Des troupes étaient arri,·ées sur ces entrefaites de Montbrison, de Lyon. Les arreslalions commcnci•renl cl l'ordre régna. Dans le ~lidi, trois villes surloul s·agitércnl: Toulouse, Marseille cl Xarbonne. A Toulouse l'agitation demeura verbale el parlementaire, si l'on peul dire; mais à Narbonne, cl surtout à )larseille, elle aboutit à la résislancc armée ~là la bataille. Toulouse cl la llaule-Garonne avaient depuis le 4 septembre comme préfet A1·mand Duportal qui fil durant Ioule la guerre une vive opposition à Gambetta, pas des plus louables du reste, eL qui jouissait d'une grande popularité auprès de ses concitoyens. Il inspirait el dirigeait un journal local, l 'J::ma11cipr1/io11, organe d'un républicanisme très net el menant lutte ou\'erle conlre l'Assemblée nationale el ses manœuvres réactionnaires. Le 19 mars, en relatant les événements donl Paris avait été le lhéi.\lre la veille, I' 1;·ma11cipalion concluait à la déchéance de l'Assemblée versaillaise. Une vive eITer1•escenccse produisit aussitôt en ville. Les officiers de la garde nationale convoqués au Colyséc, jurl-renl de défendre la République el réclamèrent des cartouches pour leurs bataillons, requête à laquelle le maire Caslelbou acquiesca. Le premier président du tribunal, un certain de Saint-Gresse, inquiet de la tournure des événements, lélégraphiail alors à Versailles pour dénoncer Duporlal el obtenir son

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