HISTOIRE SOCIALISTE 361 de couches d'air sans cesse renouvelées el sans cesse élargies. Vient-elle à retomber sur elle-même, elle agonise. La journée du 4 fut employée par l'armée de Versailles à parfaire sa victoire, à détruire ou refouler les derniers débris de l'armée fédérée qui, en deça de la ligne des forts du sud, tenaient encore la campagne. Duval, on l'a vu lout à l'heure, s'était retiré dans la soirée du 3 sur le plateau de Chotillon. li n'avait plus autour de lui qu'une poignée de combattants, pas de vivres, pas de canons, qu'importe, il ne se rendrait pas. IJès 5 heure& du matin, il fut allaqué avec rage, de front, par la division Pellé, de flanc, par la brigade Derroja, 10.000 hommes contre 1.500. Duval essaie en vain de se frayer un chemin; jl est lrop tard. Le général Pellé propose la vie sauve à qut se rendra el les vaincus déposent les armes. Les bataillons de la garde nationale qui occupaient les villages de Châtillon et de Clamart étaient intervenu& inutilement pour conjurer le désastre. ~lalgré la mise hors de combat du général Pellé blessé d'un éclat d'obus, le général La Mariouse enlevait Clamart et poussait jusqu'au moulin de Pierre, ne s'arrèlanl que devant les forts d'lssy et de Vanves qu'il n'osait cependant pas aborder. Après la victoire, la tuerie, la réaction maitresse préludait, sans perdre une seconde, aux épouvantables massacres qui marqueront dans Paris son triomphe définitif. Pellé, nous venons de le dire, avait promis la vie sauve aux prisonniers. Or, son premier soin ful de fusiller tous ceux des combattants reconnus commesoldats déserteurs ou prétendus tels. « On nous dispose en cercle sur le plateau, a raconté un témoin oculaire, el on fait sortir de nos rangs les soldats qui s'y trouvaient. On les fait mettre à genoux dans la boue, el sur l'ordre lu général Pellé, on fusille impitoyablement, sous nos yeux, ces malheureux jeunes gens, au milieu des lazzi de )lM. les officiers qui insultaient notre défaite par toutes sortes de propos atroces el stupides. Enfin, après une bonne heure employée à ce manège, on nous forme en ligne el nous prenons le chemin de Versailles entre deux haies de chasseurs à cheval. Sur la route, nous rencontrons le capitulard Vinoy, escorté de son étal-major. Sur son ordre, et malgré la promesse formelle que nous avail faite le général Pellé, nos officiers, qu'on avait placés en tête du corlège el à qui on avait violemment arraché les insi· gnes de leur grade, allaient être fusillés, quand un colonel fil observer à, M. Vinoy la promesse faite par son général». Vinoy pourlanl n'en voulul pas démordre complélemenl. « Y a-t-il un chef?» cria-l-il. - C'est mol, répondit Duval; je suis Duval. - « l'ailes-le fusiller», dit Vinoy. Cependant, un second officier sortait des rangs: « Moi, je suis son chef d'étal-major», dil-il; et un troisième: « Moi, je suis son aide de camp ». Tous trois franchirent allégremenld'un bond le fossé qui borde la roule el vinrent s'adosser au mur d'un pépiniériste où ils lombèrenl foudroyés en criant: « Vive la République I Vive la Commune! • Un cavalier, un !Ache, arracha les bottes de Duval qu'il pro-
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