J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

362 HISTOIH8 80CI.\Ll81'1!: mena comme un trophée. Le crime a été nié par Vinoy qui prétend que « le 11omméIJuval esl tué pendant l"afîaire » (1). Mais la vérité a été dile par d'autres, p..- le général Le Flo, par le colonel Lambert dans leurs dépositions à la Commission d"cnquèle. On la retrouve aussi sous la plume d'un des émules de \ïnoy qui. en passant, glorifie, croyant injurier: • Quant au nommé Duval, cet -autre général de rencontre, écrit-il (2), il avait élé, dès le malin, fusillé au PelilllicNre avec deux officiers d'étal-major de la Commune. Tous trois avaient subi en fanfarons le sort que la loi réserve à loul chef d'insurgés pris les armes à la main ». Avec Duval tombait l'un des meilleurs soldats de la Révolution. S'il n'avait pas les aptitudes du général de métier, il possédait à un degré éminent celles du conducteur de foule qui mène à l'assaut des Tuileries el jette bas les trônes cl les llastilles. Peu d'hommes ont exercé pareil ascendant sur les masses. li était mallre absolu dans son :\111• arrondissement. Robuste travailleur, comme l'exigeait sa profession de fondeur en fer, il attirail de prime abord les sympathies, la confiance de tous les prolétaires qui l'abordaient el qui se donnaient sans retour, conquis par· son énergie à la fois réfléchie el farouche. Nul plus que ce jeune homme de 30 ans ne manqua à la Commune quand sonnèrent les heures lragiqwes de la bataille des rues, où ses qualités de coup d'œil el de froide audace en eussent fait un entraineur d'élite, un chef écoulé el obéi. Avanl Emile Duval, la veille. semblablement assassiné, élail tombé un autre des militants de la Hévolulion que Paris aussi aima-el qu'il pleura, Gustave Flourens. Celui-ci n'était pas un prolétaire; il était de souche el d'éducation bourgeoise, fils de savant, savant lui-mème el professeur ~u Collège de France. Trop personnel parfois, trop impulsif aussi, il s'élail trompé souvent el n'avait pas su loujours confondre son action propre avec l'action plus générale qui se menait à ses cotés, el visait à des résultais plus sûrs; mais il élail dévoué corps el nme à la cause ouvrière el socialiste, plein d"héroïque bravoure, appelant le danger el provoquant la mort. Lui qui aurait pu si aisément se tailler dans le monde des privilégiés, auquel il appartenait par la naissance cl l'éducation, une place heureuse el enviée, il avait élé, sous l'Empire, le plus irréconciliable des républicains, le plus impalienl des révolutionnaires. Oemeuré sous la République le révolté, loul de cœu1·avec les déshérités el les exploités, il péril, comme le dil l'au leur de la Guerre des C.:omm1111eux de Paris que nous avons déjà cité, .. en coupable défenseur des droits du peuple». Voici dans quelles circonstances inf'ùmanlcs pour ses bourreaux : Avec quelques-uns de ses llcllevillois el son fidèle aide-de-camp Amilcar Cipriani, Flourens, coupé des troupes de llergerel dont il venait de faciliter li\ retraite, s'élail dirigé vers Rueil. A l'entrée du village, il avisait une auberge lit V?nlr{1IViuoy. - Armistice et (:ummu,u, p. 3iL (::?) La (iuerrr: tlea Co11111111nt'U.t .. de /l(lri•, par Lm 0Nil'icr i-up,'rirur de l'atmN! dr Vtr,,aillc:., I'· 133.

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