J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIH.E ::iOCI \1,1::iTE 2ï eelle-ci,à prolonger le dualisme qui réduisait l'Allemagne à l'impuissance. Celle guerre n'aurait'eu une signification vaslr, elle n'aurait fait Je la Prusse le chef moral de l'Allemagne que si la Prusse avait 11romis à l'Allemagne, comme priK de la victoire commune, la pleine unité donc la pleine liberlé, une représentation nationale souveraine. La Prusse n'osa pas ressusciter relie Con si itut ion de 1849 qu'elle avait traitreusement rui~éc. Le prince de llohenlohc a noté, dans son journal, à la date du li février 18:,\1. ces hésitations de la Prusse. -. Le cabinet prus~ien désire maintenir la paix. parcê qu'il n'a aucun i;oùl dC' commencer une guerre nationale qui ne pourrait finir el bien finir qur pnr une paix nationale, el qui autoriserait la nation pour prix clc son concours à formrr des espérances dont la réalisation serait incommod,•. ~:lie se donne donc boat.- coup de mal pour remcllre en train le concert européen, mais elle se heurte: 1• à /'i11ca/culabililé de N:poléon; 2° à l'incapal'ilé politique, à la perversité cl au mrnsonge de l'Autriche, rtc. ~> La Prusse se borna donc, quand la tulle eut éclaté. à survc,llcr le,s é,·énemeots el à al'l'Ner Napoléon avant qu'il marclu\t sur Vienne el qu'il en,•ahll ainsi le cœur de l'Allemagne. Pour ceux des Allemauds, lous les jours plus nombreux, qui aspiraient à la grande unité nationale c'était une déception de plus. Màis bienlôl la période des incertitudes cl des défaillances allait èlre close; el M. de 13i,marck, •r.pelé par le roi à la présidence du mioislère prussien, donnail à l'Allf'magnc el au monde, par tous ses actes gouvern('mentaux, par son allilude dans l'a0aire dee duchée, par la \'igunir provocatrice avec laquelle il obligeait l'Autriche à la guerre, celle impression très nette qu'il y avait désormais une volonté forte au service d'une politique décisive. Celle politique c'était de constituer l'Allemagne comme une nation par l'exclusion de l'Autriche et de l'unir sous la direction de la monarchie prussienne; pour réaliser ce dessein, tous les moyens lui étaient bons. 1,.cs tendances <les hommes, les doctrines, les systèmes, tout n'avait à ses yeux de valeur el de sens que par rapport à ce but. Il élail tout disposé à refouler les prétentions lib6rales, à fausser et à briser le mi•canisme constitutionnel quand le Parlement lui refusait ou lui marchandait les crédits nécessaires à l'organisation de l'armée offensive dont il avait besoin. Il était disposé aussi,« la Révolution étant une force », à exciter dans le peuple allemand l<'s scuvenirs et les CS{lérances révolutionnaires, si cet appel à la Hévolulion était la condition du succès dans la lulle pour l'unité allemande el pour l'h~gémonie prussienne. li frappe le grand coup de Sadowa, exclut l'Autriche de la Confédération germanique, incorpore à la Prusse le Hanovre, la Hessr, Francfort, il constiluc nec tous les Etats allemands, au-dessus de la ligne du Mein, la ConféMration du Nord où la Prusse est souveraine, et il se prépare, par de pali.entes manœuvres ou de brusques entreprises, à envolopper les Etals du Sud dans la Conféd6ration élargie. C'est ici que commence, c'est ici loul au moins que se précise la responsa-

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