J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

2ü IIIST( tfHE SOCli\l,ISTE rable de cc Parlement élu par la nalion et qui n'a pu combattre la réaction, lïnduil à attendre de la force militaire l'unilé nationale el le salut nalional. La monarchie prusicnne a refusé de collaborer avec la démocratie et le sufiroge universel, c'est-à-dire avec la Révolution, pour créer l'Allemagne unie dans la libcrtf. Faudra-t-il donc que le peuple allemand désespéré el meurtri, abandonne à jamais son n'vc d'unité cl reste livré à Ioules les surprises, à toutes les violences du dehors 1 Plulôl que de se résigner au chaos élcrnel el à lïmpuissance éternelle, il acceplera d'illre sauvé par la Prusse militaire si seulement ,,Ile consent à une contrefaçon de démocratie <1uisoit comme la réplique M la conlrcfaçon napoléonienne. Ainsi les deux nations qui, à l'élat de vérité démocratique se seraient réconciliées el apaisées, ne seront plus que deux mensonges vivanls, deux contrefaçons de démocratie se heurtant par la violence cl la ruse. Oc la contre révolution européenne de 1819 el 1850 sortira la falalilé de la guerre. La déliance de l'Allemagne à l'égard de la France napoléonienne esl si grande qu'en 18:>9, au moment ou Napoléon JII aide Cavour à débarra~scr l'Italie de la dominalion autrichienne, une parlie de l'opinion allemande s'imagine qu'il ne combal l'Autriche que pour humilier cl briser la puissance allemande el qu'il combat sur le Pô les soldais autrichiens pour aller ensuite combattre, au delà du Rhin, les soldais de la Conrédération. Et ce ne sont pas des clrnu,·ins bornés qui expriment ces crainles 011du moins il ne sont pas seuls à les ressentir. Le grand comm11nisle el internalionalisle l'l,omme dont le regard était habitué à l'horizon 11niversel cl qui admirait passionnément la force révolutionnaire de la l'rance, Marx, annonçait que Napoléon Ill serail bicnlùl sur les bords du Hhio, el il pressait l'Allemagne de se soulev('r Loule enlière pour prfvenir l'invasion imminente et sauver Loule la race allemande au point où elle élail d'abord menacée. Il ne faisait point fi de la liberlé italienne mais il disail que, délivrée par un Napoléon, l'Italie ne ferait que changer de mallre. Lassalle n'approuvait point la lactique de Marx. Il disait qu'il serait impossible de provoquer en Allemagne 110 mouvement nalional en faveur de l'Autriche. Mais il prévoyail, comme Marx, quo Napol~on viendrait assaillir l'Allemagne sur le Rhin après nvoir attaqué l'Autriche sur le Pô, el il voulait que la démocratie allemande atlendil ce choc direct de l'envahisseur pour organiser une guerre nationale d'où pourrai\ sortir la liberté nationale. Cc que n'avait pu produire le grand "mouvement de 1815, le mouvement de 1859 le produirait, et dans une lutle décisive contre un Napoléon, le peuple allemand secouerait à la fois Loule menace de tyrannie étrangère el toute tyrannie intérieure. Ainsi s'accordaient au food, malgré de vives contrariétés de lactique imm6diale, les deux grands esprits du socialisme allemand. Quant à la Prusse, elle hésitait. Laisser les armées de Napoléon aller jusqu'à Vienne et projeter l'ombre de l'invasion sur l'Allemagne du Sud, c'était perdre toute autorité morale en Allemagne. Mais aller au secours de l'Autriche c'était s'exposer à fortifier

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