IIISTOIRE SOCI \l,IRTE 2:i magne nous guettait depuis trois quarts df' siècle, el pas un instant notre peuple ne se demandera quel effet d'inquiétude cl de col<'rc, des menaces, des sommations comme celles de Quinet, produisaient au cœur de l',\llenrngne. Cependant, celte noble conscience sïnl<>rroge à nouveau el elle M,·ouvrc enfin la vraie voit'. la solution dfcisive. Lr probl~mc-inlrroalional se ramèrH', pour la France, au problème intérieur, c'est-à-dire politique el social. C'est ce quïl dit au sortir de la crise européenne, de décembre 18-10, dans ccl a,crlisscmenl au pays n, qui rst une de ses œuvres les p\11s vil'iles et les plu'- forlc-~. D'où vient la faiblesse de la France, au dehors·> !Ji> sa faiblesse au dedans. te. Jamais la France n'a pu nourrir lanl de bras; jamais <'lien'a roroplé pour si peu de chose dans le monde. Pourqu~i cela·/ Parce •1uc, si le corps de l"l~tal est fort, l'ilme qui ,·égit loul cela esl débile; parce que si la politique extérieure esl ruineuse, c·esl que la politique inlfrieure l"csl au m<lme deg,·é: que l'une csl la consé<1uence de l'autre; qu'on ne peul blâmer ou approuver la premii·re sans bl:.\mer ou approuver la S<."condeq; u'en un nwl, si le pays ne se n•lf'\c pas de 181',, c'est qu·en 18-10 son plus grand mal csl au dedans.» El son mal c'esl que soo développement politique cl social csl arrèlé el comme noué. La FrancC' ~•att-trde dans une combinaison d'oligarchie bourgeoise qui n'a ni la force des grandes arislocralies lradilionnelles, ni la force des grandes démocraties. La bourgeoisie s'esl consliluée en un èlroil pays légal. Elle a exclu le peuple du droil cl du pouvoir. Sur celle hase />triquée elle se lienl immobile, en un équilibre laborieux el lremblanl, el elle n'ose plus risquer un geste par peur <le tomber à droite ou à gauche. Au dehors, elle n'n ni la sympathie des gouvernements arislocralcs, ni la sympathie des peuples : • Les arisloeralies <le l'Europe vous trouvent lrop démorratcs pour s'allier à vous, el les peuples trop arislocrales pour vous tendre la main. Que la démocratie s'organise, que la bourgeoisie ouvre au pellplc le droit cl le pouvoir. alors, si les prolétaires ne deviennent pas bourgeois à leur lour, par l'élroilc~sc des égoïsmes el la bassesse des appétils, Ioule la nation, unie el fière. allirera à elle l'âme des peuples. • La question qui s'agite aujourd'hui entre la ùémocralie française el les arislocralies européenoes a déjà élé déballue, dans un au Ire ordre de civilisation, enlre Athènes el Sparte. Quelle fui alors la pensée conslanlc des hommes d'Élal athéniens'? Ils associèrent el allachèrcnl à leur cause lous les peuples qui avaient avec le leur une conformité naturelle d'ioslilulions, de goûl, de lois, d'esprit public; ils rangèrent en bataille, autour d'Alht'nes, les démocrates ·contre les autocrates qui, de leur colé, s'élaienl coalisés autour de Sparle •l. Que la France demeure vraiment démocrate, et qu'elle ait pour alliées dans le monde Ioules les forces de démocratie. J'entends bien que dans celle affirmation démocratique Quinet resle plein de méfiance à l'égard du socialisme, Ju communisme. Mais <1u'importe si le pl'Olélarial a le moyen légal el certain de se développer, de s'éclairer, de dis-
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