IIISTllllŒ soc:1 \LISTI•: ,ipcr Ir (H<1 jugé el en lui el hors de lui'' J'cnlrnds bien au•si qu'il rcsleen celle ,olonté dr d/·mocratie une arrière-pensée de primauté, uo orgueil de prolectorat moral cwn·é par un peuple sur d'autres peuples : les alliés d'Athènes n'Na,cnt pas des (·gaux, cl c·esl pour mieux assurer le développement oalional an-delà 111,'mrdes limites marqu(·cs sans doute pnr la sagesse, que Quinet adjure la France de se <lonnt•r la vigueur et le ressort d'un principe. li fait appel à--<•~l'n(•rg-i<'s, à ~3 fore,~expansive, à srs ambitions d"ordreéconomiquc. à sa passion de la grnnd,,ur. ~lais, enrin, il a élé conduit par la rénexion à rcn- ' ersrr I,•, lt•rmes du prol,lèmc. Toul à l'heure, en pleine tourmente et devant la coalilion enrop!'cnnc, il proclamait que le problème du <ledaos ne pou,·ail t'lrc résolu <111·011 dehors. qu·a, anl de couq~érir la liberté intérieure el la démocratie, la France <levait assurer, par un élargissement de ses fronlières, son ind(·pendancc e,ti'rirure. )lainlcnanl, au conlraire, c'est par le dedans que doil ,'Ire résolu le problt'mc du dehors; c'est par le dé,·eloppement de la démocralie que doit •'Ire assur(•e la , ie de la France, son indépendance el soo aclioo dans le monde. Il rcconnnlt donc, par là même, implicilemenl, que la démccralie peul Nre fondée dans les limiles actuelles de la France. La liberté intérieure n'a plus pour condilion un agrandissement préalable du territoire. Oc plus, si c'est dans la s~mpalhic des peuples que la France cherche sa sécurité, quel besoin aur:i-1-elle <ledemander celle sécurité à uoe guerre de cooquèle, à la prise de pos,ession de ~layence? Enfio, si elle devieol démocratie pour éveiller, par son exemple, les forces de démocratie dormant encore dans le monde, comment pourrail-elle troubler ce difficile travail, celle délicate éclosion, en déchainant à travers les mulliludcs humaines l'orage des coonils guerriers? Toutes les énergies impatientes, Ioules les fiertés inemployées qui risqueraient de s'exaspérer en entreprises guerrières, seront à la fois exallées el satisfaites par une grande O'uvre de justice dans la paix. Ainsi, la démocratie, par sa seule idl-c, épure la passion nationale el donne, dans les Urnes, une forme nou- ,elle à la passion antique de la grandeur. Si donc en 1~18, la Hévolulion avait décidémeul triomphé par la pleine victoire de la Mmocralie en !'rance el en Allcmag_oe, les deux peuples, malgré les rancunes el les haines du passé, auraient scellé sans dowlc le pacte d'alliance définitive. Je sais bien que les émolioos de 18--10avaicot ranimé dans les cœurs les souffrances el les haioes. Je sais que la Hépublique française aurait pu se laisser tenlerencore auxambilions dec.onquéle, el couvrir peul-~trc d'un prNcxte de propagande cl d'un splendide manteau de Révolution l'orgueil séculaire de la forte. Je n'oublie pas non plus les déclamations passionnées qui, dans l'Église Saint-Paul, au Pnrlcment de Francfort, saluèrent la grande patrie allemande, el re,endiquèrenl pour elle l'Alsace cl la Lorraine. Mais je vois, par l'exemple de Quinet lui-même, que les deux démocraties auraient pu, par un retour d(• pensée, r~primer les cxcilalions imprudentes et contenir ,les r~ves mauvais. L'œuvrc était assez gronde d'assurer dans l'unité française:maioteoue,
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