288 IIISTOIRE SOCI.\LISTE La pris<' de contact eul lieu dans la soirée, à dix hcm·rs, à la mairie de la Ban, 1u,'. L·ne soixantaine d'élus parisil'nS: dépnlés, maires, adjoints) étaient venus. la fine lleur du radicalismt' el du libi·ralismc républicains. Tirard pr(•,idail. \utonr de lui, des sommités démocratiques: Louis Blanc, Carnot, Schœlchcr, PPyral. Le débat fut plus long, plus aigre, plus envenimé qu'il n'arnit été à niôle! de \ïlle. Les représ,•nlanls des deux camps se mesurèrent, s'invt'rli\'frenl, discutèrent pied à pied. • De qui lcnez-\'0US ,otre pou,oir, inlerrogeai,,nl les ,,(us, qui ,·ous a nommés'! li n'y a ici qu'un pouvoir régulier el légal, le nôtre "· A quoi lt's délégués du Comité central répliquaient : • _\olre pou, o,r esl un fait: le Cornil~ central existe, il occupe !'Hôtel de \ïllc ,,t c'est lui qui nous a en"oyés ici"· Varlin exposa le programme du Comité, lt's buis poursuivis, par-dessus loul les élections municipales immédiates pour la préparation desquelles ils étaient prilts à s'entendre avec les maires. Louis Blanc fut le plus odieux. Il affirma qu'il ne voulait pas de transaction a,·ec les insurgés, se refusait à parallre leur auxiliaire aux yeux de la France. Jusqu'à quatre heures, la conl.-ovcrse dura. \'arlin était demeuré seul des siens. Enfin on parut tomber d'accord. Il était com·onu que le Comité central con3ervl'rail le commandement de la garde nationale, mais transférerait ses quartiers à la place Vendôme. L'llôlel de Ville serait remis aux maires; trois d'entre eux iraient en prendre possession le matin même, à neuf heures. Quant aux députés, ils partiraient de suite à \'ersailles pour y porter la nou\'elle de la transaction el y proposer 1~vote d'urgence d'une loi municipale. ,\ neuf heures du malin, en effet, Bonvalel, maire du Ill• se présentait à l'Hôlcl de \ïlle a\'eC ~lurat, adjoint du X• el Denizol, adjoint du XII•. )lais le Comité central leur déclara que ses délégués avaient outrepassé la veille le mandat qui leur avait été confié el qu'il ne reconnaissait pas en conséquence la con,·ention intervenue. llesponsable de la situation el de ses suites, le Comité ne pouvait se dessaisir ni du pouvoir militaire, ni du pouvoir civil. l.lonvelet se ,·etira el ~lural gagna de suite Versailles pour prévenir les députés de cc cloangemenl de front. Ainsi, les deux partenaires en re\'enaient à leur position première. Par lui-meme cl par lui seul, le Comité central d"vail faire face aux exigences de la situation. Du reste, il l'avait bien un peu prévu, car dans le numérQ du Journal officitl paru le malin, il commentait abondamment sa conduite cl exposait ses actes. Plus proli~e que la ,•eille, il expliquait dans une proclamation qui il élail el où il prétendait aller. Son manifeste se terminait P,ar celle péroraison lrès remarquable d'allure cl qui prouvait que, pour si •inconnus• qu'ils fussent, si les hommes du Comité central ne savaient pas toujours agir, ils savaient parler el écrire: • Nous, chargés d'un mandat qui faisait peser sur nos têtes une terrible responsabilité; nous l'avons accompli sans hésitation, sans peur; el dès que nous \'Oici arri,·és au but, nous disons au peuple qui
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