280 HISTOTHE SOCIAUS1'E le faible lien qui relient encore dans une discipline relative leurs troupes pleines de mauvaises pensées (1). ,, Thiers s'était garé sur la roule de Sèvres pour voir passer les troupes, el il cul un soupir de soulagement, quand il les cul toutes vu s'écouler. Il se disait quïl tenait la possibilité de sa revanche. Les ministres eux, restèrent que!ques heures encore dans la capitale. Ils avaient délibéré chez M. Cambon, y avaient reçu la visite des députés cl des maires de Paris qui ,•enaienl leur proposer les termes d'une ênlenle; mais la nouvelle connue de l'exécution des généraux Lecomte el Clément Thomas coupait court à ces négociations à peine ébauchées el, à leur tour. les ministres évacuaient. Jules Ferry qui a,-ail tenu plus longtemps à l'llôlel de Ville, sentant que Loule résistance devenait impossible, abandonnait à son tour la partie. Au malin, il u·y avait plus dans Paris un seul ministre, un 5eul général, un seul gouvernant. Paris élail son maîlre. Paris élail au peuple el à la révolution. Pendant ce temps, que faisait donc Paris el que faisait la Révolution'? Ils ne se doutaient pas de leur victoire. Hien dans les événements qui s'accomp!issaienl n'avait été de leur part délibéré. concerté, voulu. S'il y eul jamais mouvement réOcxe, le,•ée spontanée du peuple, ce fut bien en ce jour du 18 mars. Les soudards el les dirigeants élaienl loin déjà, que la population parisienne les croyait toujours parmi elle, ne se rendait même pas compte du péril qu'ils avaient courn. A 31heu.-es, deux bataillons fédérés du XV• étaient passés en armes devant le ministère des Affaires étrangères où se trouvait assemblée Loule la bande ministérielle. Les gardes nationaux n"auraienl eu qu"à pousser les portes mal défendues par 50 ou 60 chasseurs, à entrer, el ils prenaient la bêle dans sa lanière: tous les capitulards de la « Défense nationale » tous les sabreurs des coups d'Etat anciens el à venir, el Thiers par dessus le marché. Les deux bataillons défilèrent sans même se douter quïls laissaient échapper la meilleure chance-de la révolution. Si nous jetons à ce moment un coup d'œil sur la situation d"ensemble, nous voyons que les gardes nationaux, les ouvriers des faubourgs avaient suivi les troupes, gagnant le cenh·e de Paris, les approches de l'llôlel de \ïlle au fur el à mesure que se repliaient les soldais de Susbielle, de Faron, de Vinoy. Certes, ils comprenaient que la victoire venait à eux; mais quelle victoire? De leur succès, ces hommes n'avaient guère qu'une demi-conscience, non seulement les simples gardes nationaux, mais les chefs, les membres du Comité central. Les uns el les autres flairaient un piège, appr,·hendaienl un retour agressif de l'ennemi. Il faut attendre l'après-midi pour constater un commencement d'offensive (t) Mes petils papiers 18i1•t873, par Hector Pessard.
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