J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOlllE SOCI.\LI:-iTE 2i\l que temps après, était ,·enu fortifier la bonne opinion quïl avait de celle lactique. Il proposa donc. Les ministres résistaient. Il passa outre. Il convainquit les généraux; el c'était l'essentiel. « Je suis soldat, dit \'inoy, commandez. » El rordrc ful donné aux troupes d~ se replier sans combat, derrii•re la Seine, sur la ri,e gauche, pour commencer. Cependant d:Aurellc de Paladines faisait ballre à re,·ers de bras le rappel el la générale dans tous les quartiers du Centre invitant les bourgeois à se saisir de leurs a,·mes avec résolution el h se joindre aux li-oupes régulières • pour rétablir le régime des lois, sauver la République de ranarchic ». Thiers qui, semble-l-il, n'avait guère confiance en celle ultime ressource, y alla néanmoins aussi de sa proclamation <c aux gardes nationaux de Paris ,), le.or demandant de se lever pour défendre d'un commun accord la Patrie et la Hèpublique contre les représentants des • doctrines communislPS » qui se disposaient« à mellrc Paris au pillage el la France au tombeau. » De fait, les bourgeois reslè'renl terrés chez eux, malgré tant cl de si n'hémenles adjurations. Les conservateurs, les défenseurs de l'ordre el de la propriété, les amis du gouvernement, s'il y en avait à cc moment dans la capitale ne hougèrenl pas ou presque, puisque là où on espérait l:i ou "20.000 hommes, on en réunil péniblement 300. L·épreuve élail décisive et Thiers nr songea plus qu'à Mgucrpir par les mies les plus rapides. li évacua le premier, laissant derrière lui l'ordre d·évacuer complèlemenl et immédiatement. d'é,·acucr Paris, les forts du sud, Courbevoie, mème le ~lonl-\.alérieu cl de raballre Ioules les troupes sur Yersailles. li était temps. Les appréhension5 du fuyard correspondaient à la réalité vraie. Ceux qui onl vu, de leurs yeux vu, parmi les observateurs avisés, les régiments s·acheminanl sur \·ersailles, lratnanl le pas, injuriant les gendarmes <1ui les encadraient, en ont gar,lé une impression qui montre combien la Hé,·olution était plus victorieuse qu'elle ne le supposait. M. Jleclor Pessard, un intime cl un confident de Thiers, a écril sur celle retraite une page qui fail image. « Sur la roule de \'ersailles, dil-il, ~I. Thiers l,at en retraite dernnl l'insurrection, tandis que des bandes en désordre, poussées par la gendarmerie, représentent ce qui reste de l'armée française. A mesure que la nuit tombe, l'immense troupeau humain se fait plus rétif. Dans l'omhre qui noircit loul, la couleur des uniformes s'eflace. On se croirait au milieu de bataillons de fédérés. Par quel prodige, ces hommes à la mine insolente el à l'allure rebelle ne se retournent-ils pas, fusillant, 0Yanl de regagner Paris, les voilures qui emportent le gouveroemenl '? Sur les flancs de la colonne, la rage au cœur, humiliés el indignés, les ofûciers feignent Je ne pas entendre les propos malséants. lis ont le sentiment que loul aclo de rigueur eerail suivi ct·un acte de révolte ouverte. lis se coalienneol pour ne pas briser

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