IIIRTOil"\8 SOCIALISTE: 281 un peu sfrieux. C'est alors que les bataillons fédérés descendus des Balignoll~s avec Varlin, de ~lonlmarlre avec Bergerel, de la Glaci~re el du Panthéon avec Duval, de Belleville avec Ranvier el Brunel, se portent en masse vers l'llùtel de \'ille, occupant au passage las postes, casernes, é<lilicesnationaux et municipaux qu'ils rencontrent.,\ 5 heures, ils se saisissaient de l'imprimerie nationale ; A 7 heures 1 2, ils cernaient la Maison commune, y pénétraient à 9 heures, à ia minute où Ferry s'esquivait. Sur leurs pas, à la Mte. dans les quartiers populeux, à l'intersection de toutes les grandes voies, la foule édifiait des barricades.,\ 11 heures, la mairie du Louvre, où s'étaient réunis les maires, était envahie à son tour el Ferry, qui y était \'COU chercher un refuge provisoire, s'en échappait, sautant par une fen,'lre. La place était nelle; tout avail fui. Les derniers ministres bouclant leur valise ne laissaient dans la capitale que l'unique colonel Langlois nommé par eux, en remplacement de d'Aurelle, général en chef de la garde nationale, à charge pour lui de se faire reconnaitre comme tel auprès de la garde m~me. A2 heures de la nuit. Langlois venait à l'llôlel do \'ille tenter l'aventure prés du Comité central. A 2 heures 1/2, il en décampait sous les huées des fédérés. Cc ne fut en réalité que le matin du 19- matinée radieuse inondée de soleil printanier - que Paris connut Loule l'étendue de son triomphe, la débandade de ses mallres rl l'avènement de son règne. Cc fut ce malin également qu'il apprit le drame dont ~lonlmarlre avait élé le lhéillre la ,·cille, vers la fin de l'après-midi, l'exécution de deux généraux, de Lecomte, fait prisonnier, comme on sait, par ses propres soldais; de Clément Thomas, ancien général en chef de la garde nationale, ancien massacreur de juin, arrt'lé dans la journée, comme il vaguait aux alentours d'une barricade de la rue des )larlyrs. Lecomte el Clément Thomas avaient été enfermés avec plusieurs officiers de moindre grade, au sicge du Comité de la rue des Rosiers. Les fédérés préposés à leur garde voulaient un jugement régulier. Des heures ils lullèrenlcontre la passion grandissante de la foule accourue, qui réclamait juslicesommaire,conlre la rage surtout des propres soldats de Lecomte, les débandés du 8~•. Ceux-ci n'ignoraient pas que si, les choses changeant el les rôles ren,ersés, ils eussent été les prisonniers de leur chef, au lieu de le tenir en leur pou,·oir, depuis plusieurs heures Mjà ils auraient retu leurs douze balles dans la peau. Il le leur avait crié le malin comme ils refusaient de tirer : " Voire allaire est claire. • A la fin, la poussée de la foule emporia tout, dispersa les gardes nationaux qui, de leur corps couvraient désespérément la poitrine des prisonnier~. La colère anonyme des mass~s, se débrida furieuse el vengeresse. Thomas, d'abord, Lecomte ensuite furent précipités dans l'étroit jardin attenant à la petite maison. Des coups de feu retentirent. Tirés par qui·? On ne le sait pas exactement encore, même après les deux proccs depuis instruits solennellement
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