J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 275 les chefs de tous grades devront èlre soumis immédiatement à une nouvelle réélection. » Les articles des statuts adoptés ensuite réglaient l'organisation et la composition de l'As!emblée générale des délégués, du Cercle de bataillon, du Conseil de légion et du Comité central. A la séance qui suivit, 13 mars, les délégués de chaque arrondissement se prés.entèrent avec des pouvoirs en régie, légalisés par la signature du sergentmajor des compagnies. 215 bataillons sur 2ï0, soit les quatre cinquièmes, avaient adhéré. Garibaldi ful acclamé général en chef, Fallot et Jaclard désignés chefs de la légion, Charles Lullier colonel d'artillerie. Ces quatre homhommes constituaient la Commission d'exécuûon chargée de parer à toutes les éventualités. Paris, à celle heure, s'identifiait donc réellement avec sa garde nationale. appuyée sur ses fusils el sur ses canons, el il est permis de dire qu'on ne vit jamais peut-être pénétration plus complète de l'élément militaire el de l'élément civil, un groupement aussi vaste et aussi méthodiquement organisé de soldatscitoyens. C'est à cette force que Thiers rendu sur place décidait de s'allaquer; c·esl celle force qu'il résolut de désarmer, en lui soustrayant ses canons pour <lébuter; les fusils viendraient en seconde ligne. Les canons, nous en avons louché un mot plus haut, appartenaient, à n'en pas do11ter, à la garde nationale. Celle-ci les avait payés de ses deniers. Chaque bataillon, au cours du siège, avait voulu ses bouches à feu et, pour cc, avait ouvert dans ses rangs une souscription. Le bourgeois avait donné sans doute; mais le travailleur aussi, autant, sinon davantage. Payées de ses deniers, ces pièces appartenaient encore à la garde nationale, en ce sens qu'elle venait de les sauver de la mainmise prussienne. 400 d'entre elles, nous l"avons dit, avaient été, par scandaleuse incurie oubliées, dans le périmiltre que devaient occuper les Prussiens el c'étaient les bataillons fédérés qui, à la dernière minute, de Passy el de la place \Yagram les avaient ramenées dans les lignes françaises. Thiers, les généraux, n'en déclaraient pas moins que ces canons revenaient à la nation, c'est-à-dire à t:ux et que les Parisiens, en gardant un bien qui n'étai, pas leur, se rendaient coupables de vol. De ces canons, les uns avaient été conduits au parc Montceau, d'autres à la place des Vosges, le plus grand nombre hissés au Buttes-Chaumonl, à Belleville, à )lontmartre, dont à ce moment ils couronnaienl les hauteurs. A Montmartre des tranchées même avaient été creusées sur la butte par les soins d'un Comilé spécial qui siégait salle Robert, au n•6 de la rue des Rosiers, el qui s'était formé - le point est à retenir - en dehors de la Fédération el de l'influence du Comité CP-ntral.

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