J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

2ïG IIISTOIHE SOCI.\LISTE Le 15, le If>,le lï quelques tentatives furent faites par le gouvernement, moitié par persuasion, moitié par ruse d violence pour s'emparer de certains de ces parcs impro,·isés, nolammcnl de celui de la place des Vosges el aussi de :\lontmarlrc. Ici, le maire, Clémcnceau avait cru drvoir s'entrrmellrc el se nattait d'aboutir à une solution ii l'amiable. li parut même un instant avoir cause gagn(•e, mnis finalrm<"nl ~n resta pour ses frais. Les bataillons transigeaient en cffel parrois, mais pour se rnviser bienlùl. C'est alors que Thiers, outré de ces frhecs successifs, talonné par les gens d'affaires qni ne cessaient de lui répéter: « ,·ous ne ferez jamais d'opérations financil·res, si vous n'en finissez pas a\·ec tous ces scélérats, si vous ne leur enlr,·e,. pas les canons. li fout en fini,· el alors on pourra traiter d'affaires J). » Thiers donc, se résolut à trancher dans le vif. Dans la journée du lï, il réunit les ministres, lclll· communique son plan cl donne Jes ordres aax généraux. Ceux-ci devaient assembler leurs troupes pendant la nuit el. Ms avanl le jour, les dirige, sur les hauteurs de ~lonlnwrlrc el de Bellc,·ille pour enlc,·cr de force les pièces con,·oilùes. Vinoy l'lail chargé de diriger en chef l'opération. Quand à la ga,·dc nationale, celle des quarliers bourgeois, Thiers, peu confiant, préférait la laisser au repos el se conlenlail clïnformer son général, cl'Aurelle. En même Lemps, le chef de !'Exécutif préparait une proclamation à la population parisienne, proclamation odieuse qui criait Loule la bassesse de sa politique, loulc la haine cl tout l'efîroi que lui inspirait Paris ou~rier cl républicain. La proclamation dénonçait <l'abord l'ennemi, ce Comité occulte, anonyme, le Comité central de la garde nationale que chacun connaissait bic1opourtant. Elle signalait la slagnalion des affaires, l'impo8sibililé de leur reprise tant que les hommes de désordre domineraient, reliendraienl " les canons dérobés à l'Etat »; elle continuait par celle menace non dissimulée: « Dans votre inlérèl m~me. dans l'inlérèl de voire cilé, comme dans celui de la France, le gouvernement est résolu à agir. Les coupables qui onl prétendu instituer un gouvernement vont être livrés à l::ijustjcc régulière I}' cc qui signifiait aux conseils de guerre, el après un salut cynique à la Hépublique appelée à bénéficier« ellemême • tout d'abord de l'opération, elle concluait par celle conslalalion au moins risquée, comme l'événement n'allait pas tarder à le démontrer: • Il faut à loul prix el sans un jour de retard, que l'ordre, condition de votre bien-~lre, renaisse enlier, immédiat, inaltérable. » A l'aube, les passants pouvaient lire celle proclamation sur tous les murs. Elle élait de bonne encre el de provocation grossière, digne en loul point (11 En1p11't-t.:url'inl>urrrction du 18 m::ir:1-t. llfpo!oilion Thitrs.

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