274 HISTOIIU: SOCI.\LISTE fenêtres de maisons particulières. La tristesse et l'angoisse se peignaient sur tous les visages. Partout le silence, la désolation. Les témoins oculaire• de celle scène sont unanimes dans leur description. Le aoir, di&eul-il1. Paris revêtit une physionomie ,sinistre. Pas une lumière, pas une voiture : ni fiacre, ni omnibus; auc,m théotre, aucun lieu de plaisir n'ouvrit ses portes; aux mairies seulement parlèrent les orateurs po1,1ulaires, réconfortant leur auditoire. Paris, fidèle aux pn-scriptions du Comité central de la garde nationale, a,•ail donc bien fait le désert autour de ses vainqueurs. L'occupation ne dura que soixante-douze heures. Le 3 mars, les Prussiens se retiraient honteux et furieux d'avoir si ridiculement triomphé. En ces quelques journées le Comité central avait conquis une autorité vraiment extraordinaire. En contraste à la désaff'ection du gouv.eràemenl, à sou abandon, à son indifférence mauvaise, la grande ville l'avait jugé comme I& seul interprète autorisé de ses sentiments, Je gardien jalo1::1: de 100 honneur, le préposé ,;gilanl et ferme à sa sécurité matérielle. Mais en oee jouroées, il n'avait pas conquis seulement une autorité accrue, .i1 avait conquis aussi ou plus exactement reconquis ses canons, les canons de la garde natiooale. Comment? En enlevant, en sauYaot les 400 bouches à feu oubliées par le gouvemt>-- ment, par \'inoy au Ranelagh, au parc de la plaoe \\'agram, c'est~iHlire dans la zone que devait occuper le lendemain l'armée ennemie, ou i deux pas d& cette wne, à portée de sa main. En une après-midi, le dém~ement fut accompli de ees belles piéces coulées avec l'argent des souscriptions popnlaires, marquées sur la culasse au chiffre des bataiUons, leur propriét" l~itime. Toul le monde s·y mil : hommes, femmes el enfants, ,chaque bataillon reprenant les siennes, les hissant à force de bras jueque sur Jes plateaux de Belleville et de Montmartre. Une restait donc pins à la Fédération de la ga.-de nationale qu'à s'orgaoiser définitivement pour devenir ma11ree6e incontestée de la ùtualioa, .-bitre des destinées de la ville. Ce fut l'œuvre à laquelle elle proeéda sana pl,. tarder. Le 3 mars eut lieu une nouvelle réunion des délégués, oell&-oi ~isrfe, où à côlé des représentants du Comité central siégeaient les repréeenlama d'une autre organisation simîlaire, le Comité fédéral républicaia, -.enns pour traiter d'une fusion complète. Les etatnts furent ,·olé&, statuts de la• Fédération républicaine de la Garde nationale •· Ces statuts, disaient ms une déclaration préalable:• La République, étant le seul gouvernemeol de droit el de justice, ne peut être subordonnée au suif rage ':'oiversel, qui est son œu•re- La garde nationale a le droit absolu de nommer tous ses chefs et de les révoquer dès <1u'ileont perdu la con6ance de ceux qui lee ont éln1. • C'était l'affirmation eseeutielle que Varlin souligna par la résolution auinnle d'application imm&- diale: • La garde nationale entend revendiquer le droit abeolu de nommer tous ses chefs el de les révoquer dès qu'ils ont perdu la confiance de ceux qui lfll oat élus. Et pour aflirmer par un acte celte revendication, l'Allsemblée décide que
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