J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

250 HISTOIRE SOCIALISTE leurs el les ci-dcvanl, comme ceux qu'à Valmy cl à Jcmmapes clic assénait, par ses sans-culollcs sur la lèle de l'envahisseur, visaient au môme bul, conv~rgeaicnl à la môme fin, à la ruine du vieux monde, qu'elle s'élail donné mission d'aballre, pour que la Révolution s'accompltl. C'est celle double offensive qui lui a valu la mailrise, qui lui a permis de balayer, sous son souffle orageux, comme un félu de paille, royauté, noblesse, clergé, el de fonder une France nouvelle. De même, la deuxième Commune n'avait raison d'ôlre, possibilité de s'imposer, de durer cl de vaincre, qu'en se dressant à la fois, Commune révolutionnaire, contre l'ennemi de l'extérieur, le Prussien envahisseur, et contre l'ennemi de l'intérieur, le bourgeois capitulard, cl en courant sus du même élan à Lousdeux. Son salul cl son lriomphe élaicnl au prix de celle double action, de celle allaque simullanée, en ne distinguant pas entre le capitalisme coiffé du casque à pointe qui déferlait d'Allemagne el le capitalisme indigène, son complice, impalienl de soumission el de capilulalion, sachanl bien que Ioule victoire parisienne élÎl élé une victoire prolétaire, une victoire de la Révolution. Toul au cours du siège, la classe ouvrière avait plus ou moins consci'emmenl reconnu la nécessité de cc corps à corps avec l'inlégralilé des forces capilalislcs, tant nationales qu'élrangères, el loul mis en œuvre, par ses éléments les plus perspicaces el les plus ardenls, pour le provoquer. De là les divers mouvements insurrectionnels conduils par les balaillons des quartiers les plus populeux, de Belleville, de Monlmarlre, dans le but de chasser de l'llolel de Ville les occupants bourgeois cl d'y installer la dictature de la classe ouvrière, mallrcsse de la République el du pouvoir. L'oçcasion s'offrail extraordinairement lcnlanle el favorable. Pour défendre Paris investi dès la mi-seplembre el bienlôl bombardé, il avait bien fallu, ~n effet, armer la population, appeler dans les rangs de la garde nationale tous les adultes valides. Au premier momenl, on avait essayé d'une sélection, de s'en tenir à 80 ou 90,000 hoœmes plus ou moins lriés sur le volet; mais en présence de la volonté formelle, des démonstration incessantes des faubourgs, des réclamations des maires talonnés par leurs administrés, force élail d'aller jusqu'au boul, de fournir un équipement, des armes, des munitions à chaque citoyen. Ainsi, à coté de c1uclques milliers de hauts bourgeois, isolés, noyés dans ce vaste eusemble, coude à coude avec quelque cenl mille hommes tirés de la boutique el du bureau s'étaient trouvés enrégimenlés el armés deux cents ou deµx cenl cinquante mille prolétaires. Depuis 1793 on n'avait pas revu pareil spectacle : Lous les habitants d'une ville, et de quelle ville? de Paris capitale, en possession de ces deux instruments de libération : le bulletin de vote el le fusil. Certes, l'on comprend les réserves gouvernementales el hourgeoises du débul, les appréhensions el les alarmes qui suivirent el allèrent croissant jus-

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