LA COMMUNE PAH Louis DUBREUILI-1 La Commune a surgi six mois trop tard. Quand les événements, cl beaucoup plus la dérobade colculéc de ses adversaires que l'impulsion rfsolue cie ses partisans, la jclèrenl enfin à la barre, l'occasion était manquée. Le mouvement prolétaire était vaincu d'avance, d'avance voué à l'écrnsemenl cl au massacre. Au 8 octobre, au 31 octobre, dans le Paris du siège bouillonnant comme un cralèl'C, dans ce Paris ivre de fureur sacrée el de vastes espoirs, aux énergies populaires inlaclcs el frémissantes, c'était l'heure. Au 22 janvier, malgré le bombardement et le rationnement, malgré Champigny cl Buzenval, il était temps encore. La paix conclue, les forts livrés, les canons de l'étranger surplombant direclcmenl l'enceinte, de Saint-Denis jusqu'à Vincennes, cl par delà, la province retombée entière à l'abdication el à l'inconscience animale, il n·y avait plu• place que pour un gesle héroïque, que ponr un holocauste grandiose, mais quasi-vain. Les classes privilégiées avaient licence de se rire du soulèvement désespéré d'un peuple aux abois. Ce peuple, en effet, ne pouvait échapper à leurs prises que pour tomber sous la botte du Prussien, qui - elles en avaient la patriotique assurance - le leur aurait reconduit mitraillé et ligollé. Qu'on se remémore l'autre Commune, la première, celle de 9'2 el de 93. Celle-ci n'a dominé, entrainé à sa remorque la Convention el, par la Convention, la nation, que parce qu'elle a voulu, parce qu'elle a su étreindre et étouffer ensemble, dans ses bras vigoureux, l'ennemi du dehors el le lrailre du dedans. Elle ne sériait pas dans son audace et dans son coml,al, el les coups, qu'au 10 aoot el au '2 septembre, elle frappait dans ses murs sur les conspirauv. 7i4•. - HISTOIRE SOCIALISTE. - LA COMML'NP.. - Ll\". 7il"
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