218 HISTOIRE SOCIALISTE mieux ne pas attaquer Paris pour laisser les faclions s·y dévorer, el par peur que celle grande force assiégée ne s'exaspfr:1l /J la plus révolutionnaire el la plus audacieuse résislance. )lais le gourerncmcnl de la IJéfense nationale manque de confiance, dès le premier jour, cl en lui-meme cl en Paris. Avoir acccplé comme chef le général foncièrement réacteur qui n·avail même pas foi en la possibililéde la résistance, c'esl une sorle de capitulation politique qui faisait pressentir l'aulre. li considérait le peuple ouvrier comme une foule anarchique el incapable. Cc n'est 'pas seulement 131aaqui qui a dénoncé celle mollesse, celle complaisance rélrograde du gouvernement de la Défense; Gambella, lui aussi, a déclaré qne la grande faute de cc gouvernement esl de n·a,•oir pas gouverné avec un parti, avec son parli. Que, dans celle décomposition générale, Gambetta ail prolongé la lutte en province, que le peuple de Paris ail continué pendant des mois une résistance héroïque quoique passive el sans élan, c'est chose admirable el qui ne fut pas vaine. L'envahisseur apprit qu'il n'élail pas facile d'avoir raison de la France, même désorganisée, m,1me deslituéc de la grande force dïmpulsion qui résnlle ou d'un 3"ouvcrnemcnl puissant ou d'une révolution unanime et enthousiaste. )1. de Uismarck eul des jours d'angoisse, el le souvenir d':io long cl difficile combat préserve la France; ceux qui seraient tenlés de menacer son inJépcndance 011 son intégrité savent qu'ils auraient à complcr avec une force redoutable si les énergies fran,;aises étaient exaltées par un grand idéal. C'est une garanlie pour la paix du monde cl pour le développement lranquillc ù11 socialism~ inlernational. La lulle déchainée par l'ineptie napoléonienne cl par l'inlrigu~ bismarckirnnc a laissé à l'turopc une blessure profonde: mutilation d'un peuple, Jéfiancc générale, mililarismc universel. Comment débrouiller ce triste chaos de ressentiments cl de Yiolcnces? Comment fonder la paix sur le droil, cl rendre à tous les peup(es la libre disposilion d'eux-mêmes sans provoquer de nouveaux conOils '/ c'est le secret de l'avenir: c'e8l la rcdoulable énif,mC do11l seul le socialisme inlcrnalional a le mol. Ce qui console la conscience dans le lrislc drame que je ,aconte, c'est qu'on y senl déjà le frémissement de la force ouvrière qui sera la grande libératrice el la grande pacificatrice. C'est ce qui donne à l'explosion de la Commune son seos durable el sa valeur. En même lcmps que la révolte du droit nalional meurlri, elle fut l'aflirmalion d'un idéal prolétarien en qui loules les nations se réconcilieront par la justice. Jean J•vni.s.
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