J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 239 par tant de liens au roi <le Prusse, intervint de la sorte auprès de celui-ci. Mais lui aussi, lui surloul, il se considcra comme d!•gagé par la sollo demande de garanties. ()u'allaienl faire l'Autriche cl l'llalie•? el le l.-ailé d'alliance resté on suspens allait-il èlt•c repris'/ L'A~lriche cl· l'Italie ne demandaient qu"à no pas se prononcer. li leur paraissait aussi dangereux, aussi compromellanl dr se ranger du côté de la France que du,colé de la Prusse. El elles s'offorcèrcnl, avec un empressement d'autant. plus sincère qu'il était intéressé, d'apaiser les passions, dr prévenir le conflit. M. de Beusl, le diplomate du flirt el de l'impuissance, qui voulait bien coquell<'r avec la guerre mais non point s'C'n~ag<"r à fond, s1 inl1tiiéta des espérances qu'il avait laissé entrevoir : il craignait que le gouvernement fran~ais n'y vil un encouragement à une démarche imprudente. Ue \'icnnc, il Lélt'graphiail, le 11 juillet, à son ambassadeur à Paris, M. do ~lellcrnich, pour ramener les choses au point, peul-être même au-dessous du point. li voulait qu'entre Paris el Yienno il n'y eul pas do malentendu. li n'avait jamais contracté qu'un engagement: celui de ne pas conclure d'alliance sans en avoir informé le gouvrrnemenl fran~ais. « J'admettais hier, el j"admels encore, que telles circonstances peuvent se p,·éscnlcr oü notre intén\l milmc nous comman- <lerail de sortir <l'une alliludc de slriclc ncul.-alilé, mais je me suis, lb, posilivcmcnl refusé à contracter sous cc rapport un engagement. J'ai revendiqué alors, comme je rœeridique maintenant, une culière libel'lé ,l'aclion pour l'empire austro-hongrois, el si j'ai mainlenu avec fermeté ce poinl quand il s'agissait de signer un lrailé d'alliance, je dois moins que jamais me considérer comme ayant les mains liées aujourd'hui oü un traité n'a pas élè conclu. « Celle argumentation me paraîl claire el irréfulable. Je ne concevrai pas que !'Empereur :-iapoléon ou le duc de Gramont pùl interpréter autrement cc qui s'est dit alors, cl nous regarde comme engagé à une démonslralion armée. • Je vais d'ailleurs plus loin, cl je dirai que, mème si nous avions promis un concours national en cas de guerre enlrc la France cl la Prnssc, ce n'aurail jamais élé <1uccomme le corollaire d'une politique suivie d'un commun accord. Jamais nous n'aurions songé, el aucun Etal ne songerait jamais à se mellre vis-à-,·is d'un autre dans une situation de dépendance lollc qu'il dùl prendre les armes uniquement selon le bon plaisi1· <lel'autre. L'empereur Na11oléon nous a promis de venir à notre secours si nous étions attaqués par la Prnsse, mais, sans doute, il ne se croirait pas obligé d'cmbollcr le pas derriùrc nous s'il nous prend fantaisie de déclarer la guerre à la Prusse sans son assentiment •· Au soin qu'il prend de dissiper tout malentendu possible, est-il sùr que M. de Beus! n'ait rien fail pour le créer·/ Pour mieux se dégager, il prend l'offensive contre la diplomatie impériale. li décla,·e qu'elle esl, dans tout cet incident, imprudente el provocatrice, qu'ayant raison au fc,nd, elle se donne l'air dP.chercher une occasion de déclarer la guerre. El cependant, tout on avertissant le gouvernement français qu'il n'a pas à compter sur le concours

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