238 HISTOIRE SOCIALISTE f:'csl sans alliances que la France y était jetée; cl les sympathies m~n.es qui ravail'nt assisti·c au Mbut de lu c1·ise se détournaient d'elle depuis l'orgueilleuse aberration de M. de Gramont. Admirable avait élé l'altitude de l'Anglclcrrc ! Toul ce qu'un gouvernement peul faire pour prhcnir un connil dont il n'aura point dircctemcnlà souffrir, le gouvernemenl'anglaisl'av,lil fait. li avait fortement conseillé à l'Espagne d'abandonner la candidature llohcnzollern. Il l'a,·ail fortement conseill~ à la Prusse. Quand la dépêche du prince Antoine apporta la paix à l'Europe, la diplomatie anglaise marqua sa vive joie, et la douleur des hommes d'Etat de l'Angleterre fut sincère cl profonde quand l'étourderie funeste du duc de Gramont cl ses prétentions intolérables remirent lonl en question. La faute du duc ful d'autant plus ressentie à Londres que le minisl(·re anglais ayant prcté ses bons oflites à la France, quand elle avait pour elle la raison et le droit, étant en quelque sorte compromis par le duc de Gramont qui, avec la plus maladroite inconscience, se couvrait de la sympathie anglaise. Ayant dit au CJrps législatif, le J 1 juillet : « Tous les cabinets auxquels nous nous sommes adressé paraissent admettre la légitimité de nos griefs ,,, il s'élonn~ que, trois jours plus lard, le ministre anglais Granville lui ait fait parvenir une rectification .. Trois jours plus lard : da11s l'intervalle tout avait changé, et il était impossible à l'Angleterre de maintenir une approbation qui prenait un ~cns tout nouveau. Il fallait au due de (:ramont une étrange sottise pour ose,· léli•graphier à ~I. Benedetti, le 15 juillet au soir : « J'ai lieu de croire que les autres cabinets nous trouvent justes el modérés. » Chaleureusement, malgré les mécomptes, malgré le péril qu'il y avait à marque,· la moindre bienveillance à une diplomatie infatuée cl inégale, l'Anglelerre, jusqu'au bout, essaya de sauver la paix : l'ambassadeur anglais, lord Lyons, après avoir essayé en vain de mettre les ministres de France en garde contre leurs entrainements, lransmellail encore avec un bon vouloir qui se décourageait sans se lasser une suprême suggestion de paix : le recours aux bons offices d'une puissanr,~ amie: pauvre brindille d'olivier emportée aussitôt par lelorrenl. L'Angleterre ne pouvait plus onrir à la France qu'une neutralité attristée, el qui deviendra bicntol défiante et hostile quand M. de Bismarck auru publié l'abominable projet de main mise sur la Belgique, dont M. llcnedclti, en 1867, lui avait laissé le brouillon écrit Je sa propre main. Encore moins que sur le concours de l'Angleterre, le gouvernement impérial pouvait compter sur celui de la Hussic. !Jans son lélég,·amme du 15, M. de Gramont disait à M. Bc11cùelli : « L'empereur Ale.\andre nous approuve chaleureusement "· C'est sans doute l'assurance que lui avait donnée quelques jours avant l'ambassadeur de )"rance à l'étersbourg, le général l'leury. El il esl vrai que le Tsar avait conseillé la modération cl l'esprit de transaction au roi de Prusse. Il fallait que la machination de la candidature Hohenzollern apparût il tous les tiers bien révoltante pour que le souverain de RuSBie, lié
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