J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

210 IIISTOill8 SOCL\l,ISTE effectif de l'Autriche, il manifeste la crainte de lïndisposcr par sa neutralité. ,iui sait si ce n·csl pas L\ulrichc qui paiera finalement les frais de toute l'a\"cnturc par la soudaine réconciliation de la Prusse cl de la France s'entendant à ses dépens·> Admirable confiance en la loyauté de la diplomatie impériale! « Il ne faut pas que !"on s'abuse sur cc r1uenous voulons, cl surloul sur ce que nous pouvons faire. Or, on esl en train d_cs'engage,· à Paris dans une bien grosse partie. On s'est peul-être déjà trop avancé pour reculer cl, dans ce cas, voire 1,\chc principale Joil ,'Ire de veiller à cc qu'on ne se méprenne pas sur nos inlcnlions qui sonl sincC'r<'mrnal micales pour la France, mais qui rcslcnl sans doute au-dessous de cc qu'on espère sans lrop de motifs. « ;\"osser\'ices sont acquis dans une certaine mesure, mais celle mesure ne ne sera pas dépass6c, "à moins que les ét•énemenlsne nous y parlent, cl nous ne songeons pas à nous précipiter dans la guerre uniquement parce que cela conviendrait à la France. Faire accepter celle situation à l'empereur Napoléon cl il ses ministres sans provoquer leur méconlenlcment, voilà la difficulté qui vous allend el dool je compte sur vol.-c zèle el voire in0ucncc personnelle pour triompher. /1 ne ("ul pas qu'un accès de mauvaise humeur conIre /'Aulriche prlpare une de ces évolution.; subites auxquelles la France nous a mal/1ew·eusement un peu lrop habitué. « C'est là un écueil dangereux qu'il s·agil d'éviter. Faites donc sonner, aussi haut que possible, la valeur de nos engagements tels qu'ils exislcnl réellement cl noire fiuélité à les respecter afin que l'empereur Napoléon ne s·enlcnde pas loul à"coup à nos dépens avec une autre puissance, ce que nous croyons impossible, puisque ce serailconlraire aux engagemcnlsréciproques. lnsislezsur la réciprocité en ce qui concerne cc point, elayezenoulrclesyeuxbien ouverts». Ainsi, empêcher la Prancc de se réconcilier par un lrailé d'alliance avec la Prusse, ou de conclure un traité avec la Russie par l'octroi d'avantages en Orient, voilà le principal objet de ~l. de Beus 1. M. de Gramont eut cerlainemcnl connaissance du contenu de celle dépèche. Il dil bien que le prince de Mellernich ne la lui a pas mon Iré, mais il est impossible qu'il ne lui en ail pas donné lu substance. Au demeurant, clic élail, malgré ses réserves au sujet de loul engagement de guerre, assez ambigu,', el peul-être le diplomate fran~ais elll-il l'impression qu'il lui suffirait d'entraîner l'Autriche par la force des événements. l'eul-êlre aussi ne prenait-il pas lrès au sérieux le ministre autrichien qui lui avait suggéré la pelilc combinaison suivante: " Gramont veut-il ma recette'/ La voici: ne pas s'attaquer au roi de Prusse, traiter la question en question espagnol~, cl si, à Madrid, on ne Lient pas compte des réclamations el envoie la flollille qui doit prendre le prince de llohcnzollero dans un porl de la mer du Nord, fqire sortir une escadre de Brest 011 de Cherbourg pour l'empoigner. Si la Prnsse se fâche pour cela, elle aura de la peine à faire marcher le midi; si au contraire vous vous allaquez à elle, le midi lui appartient. »

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