HISTOIRE SOCIALISTE la politique qui avait été menée en 186 l, lors des négociations primitives au sujet des duchés, au sujet du Sleswig-l lolstcin, cl qui avaient amené la conclusion du traité d'alliance de la Prusse cl de l'llalic sous l'égide de !'Empereur·> « Quelqu'un peul-il nier que vous ayez ratifié de semblables combinaisons'! Xon; vous avez élé surpris, égarés; vous avez eu une confiance, qui n·a pas été justifiée, dans les prévisions cl les combinaisons de votre gouvernement; là, il faul le dire avec sincérité, là a élé l'oulil de voire lamentable erreur. Je sais pertinemment que ceux d'entre vous qui émcllronl un vole de guerre le jour où le vole de guerre vous sern demandé, ne sont pas des hommes politiques prêts à se contenter de la question llohcnzollern, ou du plus ou moins de susècplibilités qu'on aura apporté dans !es étiquelles royales .... C'est donc, Messieurs, un changement de politique qu'on vous propose. Je ne l'apprécie pas ... " mais« vous avez une justification à faire de celle néce~silé au point de vue de votre politique cl de voire diplomatie ... Vous appelez la France à ,·ous donner des hommes el de l'argent; vous la lancez dans une guerre qui, pcul- <'lre, verra la fin du dix-neuvième siècle consac,·ée à vider la question de la prépondérance entre la race fran<;aise el la race germanique, cl vous ne voute, pas que le point de départ de celle immense entreprise soit authentique, formel, el que la France puisse savoir; en môme temps que l'Europe, de quel côté était l'acte injuste cl de quel côté la résistance loyale'! » li ajoul~il enfin, comme pour dégoùler la France de celle guerre sans franchise, prise d'un motif mesquin, que si la République avait à men,•r le combat national, cc serait d'une autre allure. « Si j'avais eu le choix, pour le gouverncmcnl de mes préférences, je vous prie de croire que ce n'est pas dans ces miséral,les ressources que j'aurais puisé les raisons décisives d'une telle conduite.» Inquiétantes affirmations! Dangereuses hypothèses! Qua11don médite Loule l'altitude de Gambclla en ces questions et ses paroles m~mcs au jour de la crise suprilme, on se demande avec épouvante s'il n'aurait pas conçu avanl loul le gouvernement républicain comme un gouvernement d'o!Tensive nationale contre l'Allemagne el si l'Empire, en déclarant la guerre, n'a pas épargné à la République le crime el la folie de la déclarer. li e,H élé déplorable à jamais quo· la France républicaine fit sommation à l'Allemagne de ne pas se constituer pour mieux assurer « la prépondérance de la race francais~ ». Vaincue en ce conflit, la (>rance républicaine sombrait : el la République élail frappée du mème coup qui a frappé l'tmpire. Victorieuse, la Franco républicaine se grisait de nouveau de l'orgueil de domination qui avait déjà corrompu, aux temps héroïques, l'~me révolutionnaire. li esl vrai que Gambetta, après la guerre, tout en maintenant l'affirmation du droit conlre les brutalités de la conquMe et de l'annexion, a su pratiquer une politique de paix, qu'un momenl mème il n songé à aller à Varzin négocier avec M. de llismarck un modus uiuendi entre la France el l'Allemagne. Mais il élait alors, comme lo pays, sous la dure le,;on de la
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