HISTOIRE SOCIAI.JSTE 211 • Le prince de l lohenzollern ne règnera pas en Espagne; nous ne demandons pas davantage, el c'est avec orgueil que nous saluons celle solution pacifique, qui ne collle ni une larme, ni une goutte de sang. " Il aurait suffi à M. Emile Ollivier de lcnir cc langage à la tribune pour que tout péril fui conjuré. ;'\'anrail-il pu en trouver la force dans les avcrtissemcnls amicaux, pressants, presque suppliants, que le ministre anglais adressait au gouvernement français, l'adjurant de se conlenler du rel rail de la candidature? Au Corps législatif, dans l'après-midi, insignifiance générale. Le duc de Gramont, qui n'avait pas encore la réponse à sa demande de garanties, se borna à une déclaration sommaire cl vague. « L'ambassadeur d'Espagne nous a annoncé offic.iellcmcnl, hier, la renonciation du prince Léopold de llohcnzollern à sa candidature au trône d'Espagne. « Les négociations que nous poursuivons avec la Prusse, el qui n'ont jamais eu d'autre objet, ne sont pas terminées. Il nous est donc impossible de soumellre aujourd'hui à la Chambre cl au pays un exposé général de l'aflaire ». Le duc de Gramont dit dans son livre« qu'il avait été convenu qu'en aucun càs le gouvernement ne se lai~scrail entrainer à une discussion qui n'eùl pas manqu6 ,:'.,ugmenlcr les difficultés de la situation ». Pourquoi·? Si le gouvernement ne tenait pas à la garantie que subitement il avait demandé, il fallait ln retirer lo ,t ,I" suile: car elle créait, sans un intérêt essentiel, la plus grave complication. S'il y lenail au contraire el s'il était résolu à l'exiger, pourquoi ne pas associer à celle demande le pays qui, toul à l'heure, porlerail le poids des événements·/ ~I. le duc de Gramont se donne, dans son plaidoyer, le mérite d'avoir fait eflorl dans le sens de la paix en donnant à la communication de la dépêche du prince Antoine un caractère officiel. Mais, en vérité, pouvait-il faire autrement? cl l'ambassadeur cspagnÔI n'était-il pas venu la lui communiquer? Le crime, c'est de n'avoir pas tir6 parti de œtlc visite pour dire aux violents, aux forcenés, aux fanfarons, qui raillaient la uép,'che du prince Antoine : En nous parvenant par l'ambassade espagnole el par l'Espagne mème, clic prend une valeur ofliciellc; cl si, comme nous avons toul lieu de l'espérer, le roi de Prusse veul bien à son tour la communiquer à noire ambassadeur el lui dire qu'il l'approuve, l'incident csl ri'glé au mieux des intérêts de la France el de n:uropc. Cependant, les bellir1ueux à outrance s'emportaient contre ce délai. A l'inlerpellalion Duvernois, formulée la veille, M. Jérôme David, le chef de la droite césarienne, en joignait une autre, donl la formule élail une sommation aux ministres, une menace pour les licdes. 11 Considérant que les déclarations fermes, nettes, patriotiques du ministère, à la séance du 6 juillet, ont été accueillies avec faveur par la Chambre el par le pays: considérant que ces déclarations du ministère sont en opposition avec la lenteur dérisoire des négociations avec la Prusse, je demande à interpeller le ministre sur les causes de sa conduite à l'extérieur qui, non seulement jelle la perturbation dans les branches diverses de la fortune publique, mais aussi risque de
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