J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

212 llJS'tOIRli: SOCIALIS'tl!! porter atteinte à la dignité nationale ». Quelle occasion admirable pour M. Emile Ollivier de rompre lout le lissu de folie oil il s'était laissé envelopµer, cl de relever devant la France le défi des insensés! li ne dit mot. L'interpellation ful renvoyée au vendredi suivanl. La gauche aussi garda le silence. Elle au.rail pu cependant préciser au moins sa pensée par la formu!e collective d"une interpellation. Pourquoi s'est-elle tue à cc moment où les choses paraissaient encore en balance'! Je sais combien en ces minutes critiques la peur de trop dire cl d'aggraver le péril qu·on ,·oudrait prévenir, paralyse les hommes. Cependant, la déclaralion du ministre élait pour étonner el pour inquiéter. Du momenl que le prince Antoine avait renoncé pour son fils, du moment que notification officielle de cc désistement avail élé faite par n:spagnc, quel objcl pouvaienl avoir encore les négociations avec la Prusse·! Si on ne voulail obtenir du Hoi que l'approbation de cc désistemenl, la chose sembla il facile cl on aurait pu en par!er sans embarras, car il était clair pour tous que le prince ayanl c.onsullé pour a cepter, avail consulté pour renoncer. Si donc on s'rn ..cloppait de mystùre pour continuer les négociations, c·cst r1u·on demandait au Ire chose: ,1uoi ·? d n'y a\'ait-il pas folie à p.-oduirc de nou\'ellcs rxigcncrs ·! C'rsl lb, ,rml,lc-l-il, ce que la gauche pouvait cl devait demander avant que les ùesline lûsscnl fixés. Fut-elle retenue par celle appréhension qui saisil les homm,·s deva•1l l'inconnu des é.-éncmcnts cl des responsabilités• ou bien ne voulait-elle pas se commellrc dans des solutions qui toutes, sans doute, seraient lourdes·? Trop demande,· c'élail risquer la guerre. Mais si l'opposition proclamait trop haul que le r~lrail do la canùiùaturc suffisait, n'allait-elle pas décharger l'Empire du fardeau d'impopularité qu'il allail assumer auprès de la partie cxalléc de !"opinion·! Tant pis pour l'Empire si après ses i1,cohél'enccs, ses platitudes, $CS rodomontades, il suuissait un nouvel échec! Tanl pis pour la <lietalurc scélérnlc cl incapable qui abaissait la France après l'arnir opprimée, si, apri•s les fanfaronnades du ü juillet, elle était obligée de se sauver par la porte basse, parïa dépêche du prince Antoine? Mais pourquoi la Franco de la liberté, la France de l'a1•cnir prcndrail-ellc à sa charge Ioules ces misères de la servitude? Est-il vrai, comme l'indique dans son livre M. Giraudeau, que " Gambella, dans la salle des conférences, déclarait hautement que la satisfaction oflerlc était dérisoire,,'! La Liberté essaya de le décider à intervenir: " On nous dil que le cabinet éprouve de « patriotiques angoisses» el qu'il se montrerait disposé, si le roi de Prusse empêche le prince de Hohenzollern d'accepter la couronne d'Espagne, à se èonleoter de celle mince satisfaction. « S'il en était ainsi, nous n'hésiterions pas à nous sêparcr du minisl(·ro avec la même énergie qµc nous avons mise à son servie~. • ... La Chambre est comme les ministres, clic a besoin de popularité. Si le

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