210 HISTOIRE SOCIALISTE En vain le ministre niais du quai d'Orsay, qui n'avail môme pas informé il!. Benedetti de sa conversalion avec M. <le\Vcrlher el de la fameus~ nole, iosislc-l-il encore dans la soirée du 15. L'ambassadeur ayanl demandé une nou,·elle audience, le Roi la refusa, sans injures, sans brutalité, mais de façon pércmploirn. « Ems, le 15juillet, 7 heures du soir. - A ma demande d'une nouvelle audience, le Roi me fait répondre qu'il ne saurait consentir à reprendre avec moi la discussion relative aux assurances qui devaient, à nolrc avis, nous êlre données pour l'avenir. Sa Majesté me fail déclarer qu'elle s'en réfère, à ce sujet, aux considérations qu'elle m'a exposées cc matin ... Le Roi a consenti, m'a dil encore son envoyé au nom de Sa Majesté, à donner son approbation entière cl sans réserve au désistement du prince de l lohenzollern; il ne peul faire davantage. J'atlendrai vos ordres avant de quiller Ems. M. de Bismarck ne viendra pas ici. >) Il ne restait à il!. Benedelli qu'à partir. Il quitta Ems le 16 au soi,·, le Roi qui le rencontra à la gare le ;alua courtoisement. Pendant qu'à Ems le drame alteignait le point cfecrise, la journée à Paris était vide. ou plutôt clic n'étail remplie q11e par les excitations délcslablcs de la presse fanfaronne. Le malin avait eu lieu une séance du Conseil des ministres. Ils entendirent, avec quelque surprise el quelque émoi, la l~clurn des dépêches si graves envoyées la veille par le duc de Gramonl. Ils s'étonnèrenl qu'il et\l pris une aussi redoulable inilialivc sans même les consuller? Trois ou qualre d'entre eux, M. Louvel, il!. Plichon, M. Segris, M. de Parieu, demandèrent mèmc que l'on rcvinl sur celle démarcht imprudente el que l'on se contcntnl du retrait de la candidature si le roi de Prusse l'approuvait. La majorité approuva )1. de Gramonl : ou du moins le laissa faire. Quel ful le sens de l'intervention de M. Emile Ollivinr? L'approbation qu'il avait donnée la veille à la conversation de M. de Gramont avec M. de Werther el à la seconJe dépêche du duc lui rendit sans doute difficile de soutenir les amis de la paix. L'Empcrcur garda le silence el demanda seulement qu'il fùl précédé à un vole, comme s'il n'avait pas la veille collaboré avec le duc de Gramonl el substitué sa volonté personnelle à celle des ministres. Toul cela n'élail qu'une comédie triste, uno contrefaçon lugubre du régime parlementaire. Cependant les ministres décidèrent qu'à la demande de garanlies ne serait pas donné Je caractère d'un ultimatum. Par là llottoit encore un bout de fil auq4el pourraient se renouer des chances de paix, mais si incertaines! Qu'importait, en effet, de . ne pas donner la forme d'un ultimatum à celle revendication si on la maintenait·/ Serait-il plus facile, après un refus formel de la garantie demandée, de se contenter du rclrail de la candidature? El cependant, comme pour allcsler l'impuissa,nce de certains esprits à regarder la réalité en face, le journal inspiré par M. Emile ·Ollivier, le Constitutionnel, disait cc même jour, sous la signature de M. flobert Mitchell:
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