J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 209 lïnlcnlion bien arrèlée du Roi de sorlir de cc conflit sans compromission apparente pour sa personne. l'\ous avions, à la vérité, demandé au Roi d'inviter le prince à renoncer à la couronne d"Espagne; le Roi se bornail il donner son acquiescement à une décision que le prince a,·ail, pouvait-on dire, prise de son propre mouvement. Deuior,s-nous considérer comme ir1suf(isanle la satisfaction qui nous était accordée de la sor-te:' Pour ma parl,je ne l'ai pas pensé, el rien dans les déplches qui mêlaient en ce moment adressées de Paris ne me faisait supposer que le gouuernemenl de l'/c'mpereur en jugeât autrement. A mon sens, ce qu'il nous importait d'obtenir, c'était la renonciation du prince ratifiée par l'approbation du Roi el ce risu/lal nous étions aswrés de /'a/teindre. " C'est donc avec une grande anxiété d'esprit cl de cœur que M. llencdelli, dans la mali née du 15, chercha à voir le Hoi. La ,·illc d'Ems étail loul animée de la vie matinale des villes d'eau. M. 13enedelli rencontra, vers l'allée voisine du kiosque, un aide de camp qui l'aborda d'un air amical el joyeux : « Nous n'avons pas enwre la dépêche du 1,>rinceAntoine; mais nous allons la recevoir d'un moment à !"autre, el déjà la Ga:e/le de Cologne annonce son désistement; vous devez Nrc bien heureux. » - « li faut, dit M. Benedelli, que je parle au Roi. » Juslemenl, celui-ci paraissait; il aborda l'amlrnssadcur, cl ~J. llenedclli lui transmit le second message. Le souverain, comme il élail aisé de le prévoi,·, opposa un refus absolu. li n'avait, disait-il, aucun dessein caché : celle affaire lui avail donné trop de souci pour qu'il rot lenlé jamais de la rouvrir; mais l'engagement absolu d éternel qu·on lui demandai!, il ne pouvail pas le donner, il ne le donnerai! pas. Il faisait elrorl pour garder un maintien amical; mais M. Benedelli démêlait bien (cc que l'ineptie orgueilleuse du duc de Gramont cl la vaniteuse faiblesse de M. Emile Ollivier ne voyaienl pns ou ne voulaient pas voir) que, Mjà, le seul retrait de la candidalure élail pour le Hoi une meurlrissurc: il scnlail bien que c·étail pour lui un échec: il ne voulait pas l'aggraver d'une humilialion. Cependant l'ambassadeur, allénuanl aulanl qu'il le pouvait le terrible mandai qu'il avait reçu, n'avait pas présenlé celle demande de garanties sous forme d'ullimalum. La conversation n'élail pas rompue. M. Benedelli éla1l resté à l"hôlel: mais il espéra il que le Hoi, quand il aurait reçu le documenl eu prrnce Antoine, le ferait appeler de nouveau, qu'il pourrait insister encore. Mais c'esl par UJl aide de camp que le Roi fil connaitre à M. Benedelli l'arrivée du message du prince Antoine: « le Roi autorisai! l'ambassadeur à faire savoir au gouvernement de !'Empereur qu'il approuvai! celle résolution ». Le Hoi marquait bien ainsi qu'il ne voulait pas aller au-delà, el il évilail, en envoyant l'aide de camp, l'occasion d'un nouvel entretien personnel avec M. 13enedelli. (._lues'était-il passé'? Le I:\oi venait de recevoir, à midi, le rapport de M. de Wcrther el le brouillon do la lettre d'excuses. Le parti-pris de l'humilier lui appar'}l el il ne voulut plus exposer sa rlignité b dr non,•caux risques.

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